<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/</link><title>mitchangel</title><description>mitchangel</description><dc:language>fr</dc:language><dc:rights>Copyright 2008</dc:rights><dc:date>2008-04-13T22:38:09+01:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.gayattitude.com/" /><admin:errorReportsTo rdf:resource="mailto:webmaster@gayattitude.com"/><sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod><sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency><sy:updateBase>2000-01-01T12:00+00:00</sy:updateBase><item><title>La Vie d'après (8ème extrait) roman par M. Yve tous droits réservés</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080413222122/la-vie-d-apres-8eme-extrait-roman-par-m-yve-tous-droits-reserves/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080413222122/la-vie-d-apres-8eme-extrait-roman-par-m-yve-tous-droits-reserves/</guid><description>(suite de l'extrait 7)

La vie d'après

SMS de mon médecin, du 22 novembre 2007, à 18h10 : - Les médecins sont contents de ta réponse aux traitements. Je suis heureux de ce courrier et je t'encourage à avoir la force. Salut.

Jeudi 22 novembre 2007. A l'Hôpital Saint-Louis, je reçois ma troisième cure de chimio J3 ; en principe je sors à J5, c'est-à-dire vendredi soir. Bien que supportant très mal ce service d'immunopathologie clinique, suffoquant, trop petit, où l'on entasse les patients recevant des chimios plus ou moins lourdes dans des chambres doubles minuscules et irrespirables, je sais et je sens que quelque-chose s'est produit. C'est bien sur lié aux traitements. La première cure fut un cauchemar tant cette mucyte (champignon se développant dans la gorge, l'œsophage et dans tous les conduits digestifs) me transperça la gorge comme un sabre, tant je fus cloué au lit par le mal qui m'assaillait et tant la violence des chimios qui y répondaient fut sans merci. C'est triste à exprimer, mais je déteste profondément ce service, l'arrogance de certains de ses responsables (effet retour de la notoriété ?), la dureté inqualifiable de certains cadres infirmiers raisonnant en parfaits gestionnaires et répartissant les lits implacablement, les à peu-près de quelques internes qui ne maîtrisent pas les protocoles et sont forcés de les consulter pour répondre à vos questions…
J.-B. utilise souvent l'image de « l'internat » (un internat qu'il connait bien pour y avoir passé toute son enfance) pour désigner les murs jaunes où il faut retourner et retourner implacablement,  ou encore me dit : 
- L'hôpital, c'est ton travail. 
Essayant de me raisonner et de me réconforter sans cesse. Mais je déteste autant l'internat que ce type de job qui consiste à appeler toujours et toujours des infirmières débordées (ou qui font mine de l'être), à attendre des passages d'internes plus ou moins fiables (passages en principe quotidiens). Je suis extrêmement remonté contre les médecins qui ne supportent pas que l'on se dresse en travers de leur route, ces praticiens hospitaliers, manches retroussées et tous crocs dehors parce que j'avais osé dire que je voulais continuer mes cures ailleurs que dans leur capharnaüm à vingt-deux lits empilés. J'entendis me dire : 
- Vous voulez continuer votre traitement à Pompidou, très bien. Ils n'en ont jamais fait ! 
Autrement dit : achetez votre concession en même temps ! Mais je m'emporte : ce thème n'est pas celui dont je souhaitais traiter dans ces  pages.

Ces pages et les suivantes se veulent marquées par le ressort, l'élan que je sens poindre, certes au cœur de pics de dépression, c'est vrai aussi. Je sens ce début de sursaut, cette vie qui revient vers moi comme les couleurs sur mes joues. Mon bonheur reste et restera ( ?) mon tout nouvel amour, mon J.-B. méridional et souriant, aux attentions délicates. Et puis, il y a aussi mon corps qui me donne enfin, au bout de sept semaines de traitements lourds, quelques signes de satisfaction. En quelques jours, j'ai repris du poids. Dans le miroir j'observe quelques renflements refaire surface (qu'il faudra évidemment raffermir plus tard quand le temps des efforts physiques sera revenu. Bien sur il y a mes mains douloureuses et pelées après les épisodes successifs et certainement pas terminés de poussées urticairantes. Bien sur il y a ces atroces douleurs qui durent depuis plus de trois semaines depuis que sortant de ma première aplasie mon anus libéra un monstrueux bouchon de constipation qui me déchira les chairs. Enfin, des douleurs et des saignements face auxquels mes charmants et charmantes médecins semblent incapables de proposer des remèdes et se montrent de toute façon peu concernés. Malgré tous ces maux, le soleil cogne à ma fenêtre comme un appel à l'évasion : le temps de la libération est encore long, mais il viendra,  j'en ai la certitude.

Je voudrais entraîner J.-B. à s'exprimer au sujet de « La Vie d'après ». Je n'y parviens pas. Ce garçon ne s'exprime pas sur le mode des réponses aux questions posées. On le juge aux actes. Ceux-ci sont d'une infinie bonté, il est capable des attentions les plus délicates, comme celle d'enfermer des roses dans des bocaux pour détourner l'interdiction de l'hôpital ou encore celle de m'offrir un poste radio avec le système RDS pour trouver FIP, mon onde favorite.

SMS de Moi-même à J.-B., du 17 novembre 2007, 20h45 : - Par moments, je craque. Bien sur c'est toujours lorsque tu es loin. Pardonne-moi de plonger comme ça. Etre dehors souligne d'un coup le fait d'être malade. Les effets visibles de la maladie me rongent, je me croyais à l'abri de ça. Je t'aime très fort et te promets d'être le + fort possible. Merci pour ta patience. Merci de me comprendre

Au risque d'être injuste je me demande si J.-B. ne ferait pas tout ça pour un autre… Je sens aussi qu'il trouve que je ne suis pas assez patient, que je suis démesurément angoissé. Je ne peux m'empêcher de trouver ses séjours courts, même si je sais qu'il fait ce qu'il peut, qu'il est fatigué, qu'il est chef d'une entreprise de dix personnes qu'il faut tenir. Notre relation est tellement fraîche, nous n'avons pas eu le temps de vivre ensemble ; je connais et cerne mal ses fonctionnements. Je crois qu'il faut lui laisser beaucoup de liberté et je crains de lui mettre une pression trop forte.
Ai-je des crises de doute parce que L. a miné le terrain et fait vaciller ma confiance ? Ces crises de doute sont-elles injustes ? Régulièrement la question du rôle qu'O.  joue à ses côtés est lancinante. Tous les soirs ils s'endorment à côté l'un de l'autre. Ils ont sans doute des discussions (de couple), bien plus longues forcément que nos conversations téléphoniques.
Au début, quand j'étais à Saint-Louis, J.-B. me disait d'appeler, même en pleine crise d'angoisse, la nuit. Il ne le fait plus. Je reçois peu de sms. – Ai-je raison de m'angoisser quand je n'ai pas de nouvelles pendant trois heures ? Je ne devrais sans doute pas penser aux vers de cette chanson de cette chanson de Gainsbourg où il susurre : 
- En amour il y en a toujours un qui souffre et l'autre qui s'ennuie, me dit Balzac chaque nuit. 
Pourtant…

Tant d'idées noires me polluent l'esprit. Comme celle-ci : je sais que J.-B. a le sang chaud. Un jour, après l'amour, en remontant dans son fourgon, ne m'a-t-il pas dit en toute franchise : 
- Je suis une pute ! 
Et voici sept semaines que nous n'avons pas eu de sexe… je suis obligé de m'avaler un quart de Lexomil en pleine journée quand je me fais mille idées. Je continue vaille que vaille à m'accrocher au message vocal laissé par J.-B. sur la messagerie de mon mobile le six novembre dans lequel il répond sincèrement (il répond, ce qui n'est pas si souvent !) à mes angoisses, m'assurant de son amour, me rassurant. Quand il m'a laissé ce message, il était seul sur la route entre Anglet et son village des Landes, au sortir d'une de ses séances d'apprentissage de la numérologie. 

Bien évidemment, en amour, on devient vite exigeant, je vais un peu mieux et aussitôt je voudrai me projeter, faire des projets d'avenir. Ce week-end, dimanche soir et lundi nous serons seuls, il faut que je l'amène doucement sur le terrain des échanges de points de vue. Dieu, que je rêve qu'il me fasse une place dans sa maison-cabane sous les pins ! S'est-il débarrassé des canards qui « apportent  plein de maladies » en projetant qu'un jour je serai là ? Il y a encore et toujours ce mystère O., finalement selon les dires de J.-B. devenu pour lui un ami (?), presque « le seul » dit-il argumentant du fait que « dès lors que tu te rends moins disponible, les gens ne vous appellent plus ». 
Cet O. qui ne manque tout de même aucune occasion de me mettre au pied du mur. Lors de ma toute première sortie, une question m'avait ébranlé :
 - Où habiteras-tu après ? 
Me sentant alors dans un mauvais pas et peu aidé par J.-B., je m'étais retrouvé bafouillant, déstabilisé. Je n'exclue pas une tentative d'explication avec ce garçon. Pourquoi a-t-il une maison qu'il n'habite pas ? J'ai capté, lors d'appels de J.-B., qu'il était allé récupérer des meubles chez ses parent près de Mont-de-Marsan. Une question me hante : - Pourquoi est-il toujours là, chez J.-B. si je suis le nouveau mec ? C'est une difficulté à laquelle je me heurte et qui m'obsède rituellement. Mais puis-je vraiment prétendre être le nouveau mec ? Ne suis-je pas seulement « l'ange qu'il fallait sortir des griffes » du cynique et sanguinaire L. ?

- J.-M., je suis tellement amoureux, je voudrais vite récupérer tous mes moyens, te dévorer tout cru, t'entrainer dans un tourbillon érotique, cesser de te soucier et d'apparaître à tes yeux comme un malade déprimé. Dans un entre-deux traitements, lorsque je serai moins abattu par ces foutues chimios, je prendrai un billet de train qui m'amènera jusqu'à Dax, je t'en ferai la surprise, je m'imposerai ? Oui, il faut bien appeler les choses de la sorte. Afin de vivre deux ou trois jours à tes côtés… C‘est important. Je dois aussi t'impliquer davantage dans ma propre vie… Pas plus tard qu'hier soir, je t'ai demandé de te rendre bientôt dans mon appartement que L. a laissé dévasté, à Bordeaux. Je voudrai que tu te l'appropries – de toute façon L. y a repris tout ce qui était à lui. Si tu pouvais t'y accrocher un peu, être séduit, me connaître un peu plus après y être passé… Nous sommes le vingt-trois novembre, c'est vendredi, je trépigne, il est 15h10, à 16h00 et jusqu'à 18h00, on doit me transfuser la toute dernière poche de cette troisième chimio. Par la fenêtre, le ciel gris se détache, un peu de bleu apparait au-dessus des toits de zinc parisiens. Malgré un voile de fatigue du au traitement, à mon manque de globules rouges attaqués par la chimio, j'ai une féroce envie de sortir. Demain je promènerai Orange. Quand tu arriveras, on fera des choses différentes. Un restau tous les deux les yeux dans les yeux, c'est sur. L'occasion d'évoquer l'avenir se présentera (autrement que comme une simple chance pour moi de me reconstruire). Une (deux ?) ballades seront au programme et ce, malgré les menaces proférées par l'infirmière ce midi : « Vous n'avez pas beaucoup de globules rouges, vous serez en aplasie, vous serez sans doute obligé de revenir pour qu'on vous transfuse ! » Arrrgh ! Oiseau de mauvais augure.
Je la veux ma vie d'après, te souviens tu, J.-B., tu me disais quand j'étais très mal : « la vie commence ». Notre vie ? Mon beau J.-B., ne me lâche pas. Pendant tout ce temps pendant lequel je reçois les soins, ne te laisse pas séduire par un amant plus zélé, sois fort, attends-moi. Ne me lâche pas la main. J'ai la chance inouïe d'avoir rencontré un garçon naturel, profondément bon, touché par les difficultés des autres, enthousiaste. Je dois (j'ai commencé) faire virer la barre de bord, complètement. Je ne veux plus d'une vie surfaite, matérialiste. Je veux une vie faite de plaisirs simples. Je veux respirer, sentir très fort la liberté, croquer dans « la Vie d'après », avec toi.
Sur Saint-Louis, alors que j'attends mon traitement, un soleil pâle, un peu fragile, découpe les ombres. Même pâle, il nous guette notre soleil ! Je veux marcher dans le sable à tes côtés, je veux courir dans l'eau de notre Atlantique avec toi, je veux voir des paillettes de soleil dans tes yeux, je veux que tu sois fier d'être avec moi comme je le suis d'être à tes côtés. La vie d'après n'est pas si loin, elle nous tend les bras !

Je t'envoie mille et mille baisers. Ton ange qui t'aime si fort. M

« La Vie d'après » nous tend en effet les bras, à condition que rien ne s'en mêle… Pourquoi ai-je cette sensation incessante que tout et tout le monde se met en travers de notre histoire. Même malade comme je n'ai jamais été, beaucoup se révèlent à mon égard, incapables, au fond, de la moindre compassion. Nous l'avons constaté avec la réaction des amis face à notre histoire. Mais la résistance du contexte s'inscrit  aussi dans les faits, c'est comme si un mauvais sort nous avait été jeté. J'ai l'impression que je nage à contre-courant derrière toi, d'abord avec délices, puis l'eau se fait plus dure à fendre et bientôt tu t'éloignes et j'ai beau déployer toutes mes forces, le courant est trop fort  je ne te rejoins plus.

(à suivre)</description><content:encoded><![CDATA[(suite de l'extrait 7)<br />
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La vie d’après<br />
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SMS de mon médecin, du 22 novembre 2007, à 18h10 : - Les médecins sont contents de ta réponse aux traitements. Je suis heureux de ce courrier et je t’encourage à avoir la force. Salut.<br />
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Jeudi 22 novembre 2007. A l’Hôpital Saint-Louis, je reçois ma troisième cure de chimio J3 ; en principe je sors à J5, c'est-à-dire vendredi soir. Bien que supportant très mal ce service d’immunopathologie clinique, suffoquant, trop petit, où l’on entasse les patients recevant des chimios plus ou moins lourdes dans des chambres doubles minuscules et irrespirables, je sais et je sens que quelque-chose s’est produit. C’est bien sur lié aux traitements. La première cure fut un cauchemar tant cette mucyte (champignon se développant dans la gorge, l’œsophage et dans tous les conduits digestifs) me transperça la gorge comme un sabre, tant je fus cloué au lit par le mal qui m’assaillait et tant la violence des chimios qui y répondaient fut sans merci. C’est triste à exprimer, mais je déteste profondément ce service, l’arrogance de certains de ses responsables (effet retour de la notoriété ?), la dureté inqualifiable de certains cadres infirmiers raisonnant en parfaits gestionnaires et répartissant les lits implacablement, les à peu-près de quelques internes qui ne maîtrisent pas les protocoles et sont forcés de les consulter pour répondre à vos questions…<br />
J.-B. utilise souvent l’image de « l’internat » (un internat qu’il connait bien pour y avoir passé toute son enfance) pour désigner les murs jaunes où il faut retourner et retourner implacablement,  ou encore me dit : <br />
- L’hôpital, c’est ton travail. <br />
Essayant de me raisonner et de me réconforter sans cesse. Mais je déteste autant l’internat que ce type de job qui consiste à appeler toujours et toujours des infirmières débordées (ou qui font mine de l’être), à attendre des passages d’internes plus ou moins fiables (passages en principe quotidiens). Je suis extrêmement remonté contre les médecins qui ne supportent pas que l’on se dresse en travers de leur route, ces praticiens hospitaliers, manches retroussées et tous crocs dehors parce que j’avais osé dire que je voulais continuer mes cures ailleurs que dans leur capharnaüm à vingt-deux lits empilés. J’entendis me dire : <br />
- Vous voulez continuer votre traitement à Pompidou, très bien. Ils n’en ont jamais fait ! <br />
Autrement dit : achetez votre concession en même temps ! Mais je m’emporte : ce thème n’est pas celui dont je souhaitais traiter dans ces  pages.<br />
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Ces pages et les suivantes se veulent marquées par le ressort, l’élan que je sens poindre, certes au cœur de pics de dépression, c’est vrai aussi. Je sens ce début de sursaut, cette vie qui revient vers moi comme les couleurs sur mes joues. Mon bonheur reste et restera ( ?) mon tout nouvel amour, mon J.-B. méridional et souriant, aux attentions délicates. Et puis, il y a aussi mon corps qui me donne enfin, au bout de sept semaines de traitements lourds, quelques signes de satisfaction. En quelques jours, j’ai repris du poids. Dans le miroir j’observe quelques renflements refaire surface (qu’il faudra évidemment raffermir plus tard quand le temps des efforts physiques sera revenu. Bien sur il y a mes mains douloureuses et pelées après les épisodes successifs et certainement pas terminés de poussées urticairantes. Bien sur il y a ces atroces douleurs qui durent depuis plus de trois semaines depuis que sortant de ma première aplasie mon anus libéra un monstrueux bouchon de constipation qui me déchira les chairs. Enfin, des douleurs et des saignements face auxquels mes charmants et charmantes médecins semblent incapables de proposer des remèdes et se montrent de toute façon peu concernés. Malgré tous ces maux, le soleil cogne à ma fenêtre comme un appel à l’évasion : le temps de la libération est encore long, mais il viendra,  j’en ai la certitude.<br />
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Je voudrais entraîner J.-B. à s’exprimer au sujet de « La Vie d’après ». Je n’y parviens pas. Ce garçon ne s’exprime pas sur le mode des réponses aux questions posées. On le juge aux actes. Ceux-ci sont d’une infinie bonté, il est capable des attentions les plus délicates, comme celle d’enfermer des roses dans des bocaux pour détourner l’interdiction de l’hôpital ou encore celle de m’offrir un poste radio avec le système RDS pour trouver FIP, mon onde favorite.<br />
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SMS de Moi-même à J.-B., du 17 novembre 2007, 20h45 : - Par moments, je craque. Bien sur c’est toujours lorsque tu es loin. Pardonne-moi de plonger comme ça. Etre dehors souligne d’un coup le fait d’être malade. Les effets visibles de la maladie me rongent, je me croyais à l’abri de ça. Je t’aime très fort et te promets d’être le + fort possible. Merci pour ta patience. Merci de me comprendre<br />
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Au risque d’être injuste je me demande si J.-B. ne ferait pas tout ça pour un autre… Je sens aussi qu’il trouve que je ne suis pas assez patient, que je suis démesurément angoissé. Je ne peux m’empêcher de trouver ses séjours courts, même si je sais qu’il fait ce qu’il peut, qu’il est fatigué, qu’il est chef d’une entreprise de dix personnes qu’il faut tenir. Notre relation est tellement fraîche, nous n’avons pas eu le temps de vivre ensemble ; je connais et cerne mal ses fonctionnements. Je crois qu’il faut lui laisser beaucoup de liberté et je crains de lui mettre une pression trop forte.<br />
Ai-je des crises de doute parce que L. a miné le terrain et fait vaciller ma confiance ? Ces crises de doute sont-elles injustes ? Régulièrement la question du rôle qu’O.  joue à ses côtés est lancinante. Tous les soirs ils s’endorment à côté l’un de l’autre. Ils ont sans doute des discussions (de couple), bien plus longues forcément que nos conversations téléphoniques.<br />
Au début, quand j’étais à Saint-Louis, J.-B. me disait d’appeler, même en pleine crise d’angoisse, la nuit. Il ne le fait plus. Je reçois peu de sms. – Ai-je raison de m’angoisser quand je n’ai pas de nouvelles pendant trois heures ? Je ne devrais sans doute pas penser aux vers de cette chanson de cette chanson de Gainsbourg où il susurre : <br />
- En amour il y en a toujours un qui souffre et l’autre qui s’ennuie, me dit Balzac chaque nuit. <br />
Pourtant…<br />
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Tant d’idées noires me polluent l’esprit. Comme celle-ci : je sais que J.-B. a le sang chaud. Un jour, après l’amour, en remontant dans son fourgon, ne m’a-t-il pas dit en toute franchise : <br />
- Je suis une pute ! <br />
Et voici sept semaines que nous n’avons pas eu de sexe… je suis obligé de m’avaler un quart de Lexomil en pleine journée quand je me fais mille idées. Je continue vaille que vaille à m’accrocher au message vocal laissé par J.-B. sur la messagerie de mon mobile le six novembre dans lequel il répond sincèrement (il répond, ce qui n’est pas si souvent !) à mes angoisses, m’assurant de son amour, me rassurant. Quand il m’a laissé ce message, il était seul sur la route entre Anglet et son village des Landes, au sortir d’une de ses séances d’apprentissage de la numérologie. <br />
<br />
Bien évidemment, en amour, on devient vite exigeant, je vais un peu mieux et aussitôt je voudrai me projeter, faire des projets d’avenir. Ce week-end, dimanche soir et lundi nous serons seuls, il faut que je l’amène doucement sur le terrain des échanges de points de vue. Dieu, que je rêve qu’il me fasse une place dans sa maison-cabane sous les pins ! S’est-il débarrassé des canards qui « apportent  plein de maladies » en projetant qu’un jour je serai là ? Il y a encore et toujours ce mystère O., finalement selon les dires de J.-B. devenu pour lui un ami (?), presque « le seul » dit-il argumentant du fait que « dès lors que tu te rends moins disponible, les gens ne vous appellent plus ». <br />
Cet O. qui ne manque tout de même aucune occasion de me mettre au pied du mur. Lors de ma toute première sortie, une question m’avait ébranlé :<br />
 - Où habiteras-tu après ? <br />
Me sentant alors dans un mauvais pas et peu aidé par J.-B., je m’étais retrouvé bafouillant, déstabilisé. Je n’exclue pas une tentative d’explication avec ce garçon. Pourquoi a-t-il une maison qu’il n’habite pas ? J’ai capté, lors d’appels de J.-B., qu’il était allé récupérer des meubles chez ses parent près de Mont-de-Marsan. Une question me hante : - Pourquoi est-il toujours là, chez J.-B. si je suis le nouveau mec ? C’est une difficulté à laquelle je me heurte et qui m’obsède rituellement. Mais puis-je vraiment prétendre être le nouveau mec ? Ne suis-je pas seulement « l’ange qu’il fallait sortir des griffes » du cynique et sanguinaire L. ?<br />
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- J.-M., je suis tellement amoureux, je voudrais vite récupérer tous mes moyens, te dévorer tout cru, t’entrainer dans un tourbillon érotique, cesser de te soucier et d’apparaître à tes yeux comme un malade déprimé. Dans un entre-deux traitements, lorsque je serai moins abattu par ces foutues chimios, je prendrai un billet de train qui m’amènera jusqu’à Dax, je t’en ferai la surprise, je m’imposerai ? Oui, il faut bien appeler les choses de la sorte. Afin de vivre deux ou trois jours à tes côtés… C‘est important. Je dois aussi t’impliquer davantage dans ma propre vie… Pas plus tard qu’hier soir, je t’ai demandé de te rendre bientôt dans mon appartement que L. a laissé dévasté, à Bordeaux. Je voudrai que tu te l’appropries – de toute façon L. y a repris tout ce qui était à lui. Si tu pouvais t’y accrocher un peu, être séduit, me connaître un peu plus après y être passé… Nous sommes le vingt-trois novembre, c’est vendredi, je trépigne, il est 15h10, à 16h00 et jusqu’à 18h00, on doit me transfuser la toute dernière poche de cette troisième chimio. Par la fenêtre, le ciel gris se détache, un peu de bleu apparait au-dessus des toits de zinc parisiens. Malgré un voile de fatigue du au traitement, à mon manque de globules rouges attaqués par la chimio, j’ai une féroce envie de sortir. Demain je promènerai Orange. Quand tu arriveras, on fera des choses différentes. Un restau tous les deux les yeux dans les yeux, c’est sur. L’occasion d’évoquer l’avenir se présentera (autrement que comme une simple chance pour moi de me reconstruire). Une (deux ?) ballades seront au programme et ce, malgré les menaces proférées par l’infirmière ce midi : « Vous n’avez pas beaucoup de globules rouges, vous serez en aplasie, vous serez sans doute obligé de revenir pour qu’on vous transfuse ! » Arrrgh ! Oiseau de mauvais augure.<br />
Je la veux ma vie d’après, te souviens tu, J.-B., tu me disais quand j’étais très mal : « la vie commence ». Notre vie ? Mon beau J.-B., ne me lâche pas. Pendant tout ce temps pendant lequel je reçois les soins, ne te laisse pas séduire par un amant plus zélé, sois fort, attends-moi. Ne me lâche pas la main. J’ai la chance inouïe d’avoir rencontré un garçon naturel, profondément bon, touché par les difficultés des autres, enthousiaste. Je dois (j’ai commencé) faire virer la barre de bord, complètement. Je ne veux plus d’une vie surfaite, matérialiste. Je veux une vie faite de plaisirs simples. Je veux respirer, sentir très fort la liberté, croquer dans « la Vie d’après », avec toi.<br />
Sur Saint-Louis, alors que j’attends mon traitement, un soleil pâle, un peu fragile, découpe les ombres. Même pâle, il nous guette notre soleil ! Je veux marcher dans le sable à tes côtés, je veux courir dans l’eau de notre Atlantique avec toi, je veux voir des paillettes de soleil dans tes yeux, je veux que tu sois fier d’être avec moi comme je le suis d’être à tes côtés. La vie d’après n’est pas si loin, elle nous tend les bras !<br />
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Je t’envoie mille et mille baisers. Ton ange qui t’aime si fort. M<br />
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« La Vie d’après » nous tend en effet les bras, à condition que rien ne s’en mêle… Pourquoi ai-je cette sensation incessante que tout et tout le monde se met en travers de notre histoire. Même malade comme je n’ai jamais été, beaucoup se révèlent à mon égard, incapables, au fond, de la moindre compassion. Nous l’avons constaté avec la réaction des amis face à notre histoire. Mais la résistance du contexte s’inscrit  aussi dans les faits, c’est comme si un mauvais sort nous avait été jeté. J’ai l’impression que je nage à contre-courant derrière toi, d’abord avec délices, puis l’eau se fait plus dure à fendre et bientôt tu t’éloignes et j’ai beau déployer toutes mes forces, le courant est trop fort  je ne te rejoins plus.<br />
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(à suivre)]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-04-13T22:21:22+01:00</dc:date></item><item><title>La Vie d'après - (suite) 7ème extrait du roman de M. Yve - tous droits réservés -</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080306015254/la-vie-d-apres-suite-7eme-extrait-du-roman-de-m-yve-tous-droits-reserves/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080306015254/la-vie-d-apres-suite-7eme-extrait-du-roman-de-m-yve-tous-droits-reserves/</guid><description>(suite de l'extrait 6)

L'aurait-elle fait si elle m'avait vu, cette amie, ramasser mes morceaux, avoir la diarrhée dans les toilettes d'un restaurant, me promener dehors, si frêle, tenant difficilement sur mes jambes, des cernes noirs et d'énormes poches sous les yeux. Si elle m'avait vu promener ma silhouette amaigrie et chancelante ? Quoi ? C'était l'autre, le tyran, ce diable qui m'avait pourri la vie toutes ces années, qui était à plaindre… Mais de quoi ? D'avoir été plaqué ? C'était moi, depuis ma cellule à Saint-Louis le « démon » pour les uns, l'implacable à l'attitude « trop dure » pour une autre. Ma gorge se noue encore lorsque j'écris ces lignes. Le monde normatif vous revient dans la gueule jusqu'au cœur de vos amitiés. C'est incroyable ce que vos amis gays ou votre vieille amie (à la vie à priori peu dans les rangs - maquée avec un compagnon de quinze ans son cadet !) sont capables de vous envoyer parce que vous êtes celui par qui le désordre (marital ?) apparait. Ils vous reprochent de briser le schéma de ce petit monde parfait des gentils couples qui durent et soufflent les bougies de leur longévité ! 

L'amertume produite par les réactions hostiles de ceux-là nous blessa. Pour J.-B. ce fut l'un ou l'autre de ses amis tel le trop lisse membre d'un couple gay lui reprochant ses allers-retours à Paris, celui-ci allant jusqu'à lui affirmer qu'il négligeait son commerce et ce qu'il avait construit. L'évocation de ces remarques assombrissait le beau sourire de J.-B. ; il trouvait les gens décevants en remarquant que son téléphone portable retentissait de moins en moins. Pour moi ce fut désastreux, « comme un coup de poignard dans le ventre » (me fit remarquer plus tard une amie déconcertée par ces abandons successifs): entre la belle chaîne de solidarité, montée un peu trop vite, liée à l'effet de révélation de ma maladie, et les enchaînements inédits telle la proclamation de ma rupture avec L., les coups de fil débordant d'affection diminuèrent considérablement. En fait, c'est simple, j'en vins à compter mes seuls amis sur les doigts d'une main.

SMS de J.-B. du 11 novembre 2007 : - Ne te fais pas de souci on sera plus forts. Pense aux jours meilleurs. Tu n'es pas seul pour combattre. Il faut garder ton énergie pour te soigner. Ne te gaspille pas pour tous ces égoïstes, tous ces cons. Je t'aime très fort. Je te serre très fort contre mon cœur. Mille bisous d'amour et plus


La vie d'après

SMS de mon médecin, du 22 novembre 2007, à 18h10 : - Les médecins sont contents de ta réponse aux traitements. Je suis heureux de ce courrier et je t'encourage à avoir la force. Salut.

Jeudi 22 novembre 2007. A l'Hôpital Saint-Louis, je reçois ma troisième cure de chimio J3 ; en principe je sors à J5, c'est-à-dire vendredi soir. Bien que supportant très mal ce service d'immunopathologie clinique, suffoquant, trop petit, où l'on entasse les patients recevant des chimios plus ou moins lourdes dans des chambres doubles minuscules et irrespirables, je sais et je sens que quelque-chose s'est produit. C'est bien sur lié aux traitements. La première cure fut un cauchemar tant cette mucite (champignon se développant dans la gorge, l'œsophage et dans tous les conduits digestifs) me transperça la gorge comme un sabre, tant je fus cloué au lit par le mal qui m'assaillait et tant la violence des chimios qui y répondaient fut sans merci. C'est triste à exprimer, mais je déteste profondément ce service, l'arrogance de certains de ses responsables (effet retour de la notoriété ?), la dureté inqualifiable de certains cadres infirmiers raisonnant en parfaits gestionnaires et répartissant les lits implacablement, les à peu-près de quelques internes qui ne maîtrisent pas les protocoles et sont forcés de les consulter pour répondre à vos questions…
J.-B. utilise souvent l'image de « l'internat » (un internat qu'il connait bien pour y avoir passé toute son enfance) pour désigner les murs jaunes où il faut retourner et retourner implacablement,  ou encore me dit : 
- L'hôpital, c'est ton travail. 
Essayant de me raisonner et de me réconforter inlassablement. Mais je déteste autant l'internat que ce type de job qui consiste à appeler toujours et toujours des infirmières débordées (ou qui font mine de l'être), à attendre des passages  d'internes plus ou moins fiables (passages en principe quotidiens). Je suis extrêmement remonté contre les médecins qui ne supportent pas que l'on se dresse en travers de leur route, ces praticiens hospitaliers, manches retroussées et tous crocs dehors pace que j'avais osé dire que je voulais continuer mes cures ailleurs que dans leur capharnaüm à vingt-deux lits empilés. J'entendis me dire : 
- Vous voulez continuer votre traitement à Pompidou, très bien. Ils n'en ont jamais fait ! 
Autrement dit : achetez votre concession en même temps ! Mais je m'emporte : ce thème n'est pas celui dont je souhaitais traiter dans ces  pages.

Ces pages et les suivantes se veulent marquées par le ressort, l'élan que je sens poindre, certes au cœur de pics de dépression, c'est vrai aussi. Je sens ce début de sursaut, cette vie qui revient vers moi comme les couleurs sur mes joues. Mon bonheur reste et restera ( ?) mon tout nouvel amour, mon J.-B. méridional et souriant, aux attentions délicates. Et puis, il y a aussi mon corps qui me donne enfin, au bout de sept semaines de traitements lourds, quelques signes de satisfaction. En quelques jours, j'ai repris du poids. Dans le miroir j'observe quelques renflements refaire surface (qu'il faudra évidemment raffermir plus tard quand le temps des efforts physiques sera revenu. Bien sur il y a mes mains douloureuses et pelées après les épisodes successifs et certainement pas terminés de poussées urticairantes. Bien sur il y a ces atroces douleurs qui durent depuis plus de trois semaines depuis que, sortant de ma première aplasie, mon anus libéra un monstrueux bouchon de constipation qui me déchira les chairs. Enfin, des douleurs et des saignements face auxquels mes charmants et charmantes médecins semblent incapables de proposer des remèdes et se montrent de toute façon peu concernés. Malgré tous ces maux, le soleil cogne à ma fenêtre comme un appel à l'évasion : le temps de la libération est encore long, mais il viendra,  j'en ai la certitude. (à suivre)
</description><content:encoded><![CDATA[(suite de l'extrait 6)<br />
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L’aurait-elle fait si elle m’avait vu, cette amie, ramasser mes morceaux, avoir la diarrhée dans les toilettes d’un restaurant, me promener dehors, si frêle, tenant difficilement sur mes jambes, des cernes noirs et d’énormes poches sous les yeux. Si elle m’avait vu promener ma silhouette amaigrie et chancelante ? Quoi ? C’était l’autre, le tyran, ce diable qui m’avait pourri la vie toutes ces années, qui était à plaindre… Mais de quoi ? D’avoir été plaqué ? C’était moi, depuis ma cellule à Saint-Louis le « démon » pour les uns, l’implacable à l’attitude « trop dure » pour une autre. Ma gorge se noue encore lorsque j’écris ces lignes. Le monde normatif vous revient dans la gueule jusqu’au cœur de vos amitiés. C’est incroyable ce que vos amis gays ou votre vieille amie (à la vie à priori peu dans les rangs - maquée avec un compagnon de quinze ans son cadet !) sont capables de vous envoyer parce que vous êtes celui par qui le désordre (marital ?) apparait. Ils vous reprochent de briser le schéma de ce petit monde parfait des gentils couples qui durent et soufflent les bougies de leur longévité ! <br />
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L’amertume produite par les réactions hostiles de ceux-là nous blessa. Pour J.-B. ce fut l’un ou l’autre de ses amis tel le trop lisse membre d’un couple gay lui reprochant ses allers-retours à Paris, celui-ci allant jusqu’à lui affirmer qu’il négligeait son commerce et ce qu’il avait construit. L’évocation de ces remarques assombrissait le beau sourire de J.-B. ; il trouvait les gens décevants en remarquant que son téléphone portable retentissait de moins en moins. Pour moi ce fut désastreux, « comme un coup de poignard dans le ventre » (me fit remarquer plus tard une amie déconcertée par ces abandons successifs): entre la belle chaîne de solidarité, montée un peu trop vite, liée à l’effet de révélation de ma maladie, et les enchaînements inédits telle la proclamation de ma rupture avec L., les coups de fil débordant d’affection diminuèrent considérablement. En fait, c’est simple, j’en vins à compter mes seuls amis sur les doigts d’une main.<br />
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SMS de J.-B. du 11 novembre 2007 : - Ne te fais pas de souci on sera plus forts. Pense aux jours meilleurs. Tu n’es pas seul pour combattre. Il faut garder ton énergie pour te soigner. Ne te gaspille pas pour tous ces égoïstes, tous ces cons. Je t’aime très fort. Je te serre très fort contre mon cœur. Mille bisous d’amour et plus<br />
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La vie d’après<br />
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SMS de mon médecin, du 22 novembre 2007, à 18h10 : - Les médecins sont contents de ta réponse aux traitements. Je suis heureux de ce courrier et je t’encourage à avoir la force. Salut.<br />
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Jeudi 22 novembre 2007. A l’Hôpital Saint-Louis, je reçois ma troisième cure de chimio J3 ; en principe je sors à J5, c'est-à-dire vendredi soir. Bien que supportant très mal ce service d’immunopathologie clinique, suffoquant, trop petit, où l’on entasse les patients recevant des chimios plus ou moins lourdes dans des chambres doubles minuscules et irrespirables, je sais et je sens que quelque-chose s’est produit. C’est bien sur lié aux traitements. La première cure fut un cauchemar tant cette mucite (champignon se développant dans la gorge, l’œsophage et dans tous les conduits digestifs) me transperça la gorge comme un sabre, tant je fus cloué au lit par le mal qui m’assaillait et tant la violence des chimios qui y répondaient fut sans merci. C’est triste à exprimer, mais je déteste profondément ce service, l’arrogance de certains de ses responsables (effet retour de la notoriété ?), la dureté inqualifiable de certains cadres infirmiers raisonnant en parfaits gestionnaires et répartissant les lits implacablement, les à peu-près de quelques internes qui ne maîtrisent pas les protocoles et sont forcés de les consulter pour répondre à vos questions…<br />
J.-B. utilise souvent l’image de « l’internat » (un internat qu’il connait bien pour y avoir passé toute son enfance) pour désigner les murs jaunes où il faut retourner et retourner implacablement,  ou encore me dit : <br />
- L’hôpital, c’est ton travail. <br />
Essayant de me raisonner et de me réconforter inlassablement. Mais je déteste autant l’internat que ce type de job qui consiste à appeler toujours et toujours des infirmières débordées (ou qui font mine de l’être), à attendre des passages  d’internes plus ou moins fiables (passages en principe quotidiens). Je suis extrêmement remonté contre les médecins qui ne supportent pas que l’on se dresse en travers de leur route, ces praticiens hospitaliers, manches retroussées et tous crocs dehors pace que j’avais osé dire que je voulais continuer mes cures ailleurs que dans leur capharnaüm à vingt-deux lits empilés. J’entendis me dire : <br />
- Vous voulez continuer votre traitement à Pompidou, très bien. Ils n’en ont jamais fait ! <br />
Autrement dit : achetez votre concession en même temps ! Mais je m’emporte : ce thème n’est pas celui dont je souhaitais traiter dans ces  pages.<br />
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Ces pages et les suivantes se veulent marquées par le ressort, l’élan que je sens poindre, certes au cœur de pics de dépression, c’est vrai aussi. Je sens ce début de sursaut, cette vie qui revient vers moi comme les couleurs sur mes joues. Mon bonheur reste et restera ( ?) mon tout nouvel amour, mon J.-B. méridional et souriant, aux attentions délicates. Et puis, il y a aussi mon corps qui me donne enfin, au bout de sept semaines de traitements lourds, quelques signes de satisfaction. En quelques jours, j’ai repris du poids. Dans le miroir j’observe quelques renflements refaire surface (qu’il faudra évidemment raffermir plus tard quand le temps des efforts physiques sera revenu. Bien sur il y a mes mains douloureuses et pelées après les épisodes successifs et certainement pas terminés de poussées urticairantes. Bien sur il y a ces atroces douleurs qui durent depuis plus de trois semaines depuis que, sortant de ma première aplasie, mon anus libéra un monstrueux bouchon de constipation qui me déchira les chairs. Enfin, des douleurs et des saignements face auxquels mes charmants et charmantes médecins semblent incapables de proposer des remèdes et se montrent de toute façon peu concernés. Malgré tous ces maux, le soleil cogne à ma fenêtre comme un appel à l’évasion : le temps de la libération est encore long, mais il viendra,  j’en ai la certitude. (à suivre)<br />
]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-03-06T01:52:54+01:00</dc:date></item><item><title>&quot;Plus là&quot; paroles de la chanson de Frédéric Lerner, d'une beauté à couper le souffle!</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080302032441/-plus-la-paroles-de-la-chanson-de-frederic-lerner-d-une-beaute-a-couper-le-souffle/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080302032441/-plus-la-paroles-de-la-chanson-de-frederic-lerner-d-une-beaute-a-couper-le-souffle/</guid><description>Vivre à coté de l'autre
Et partager sa vie
Aimer tout ce qu'il est
Son odeur ses gestes aussi

Avancer cote à cote
Et s'arrêter ici
Au milieu des regrets
Et de tout c'qu'on s'est dit

Le souvenir de l'autre
Est tellement précis
On l'entend on le frôle
On caresse son ombre la nuit

Le temps pousse à la faute
Et on en paie le prix
Avoir le premier rôle
Et plus rien aujourd'hui

On est si peu de chose
Quand l'autre s'en va
Quand le manque s'impose
Quand on a plus le choix
On apprend tant de choses
Quand l'autre n'est plus là
Plus là

On refait son décor
On range les photos
On a peur quand on sort
On se dit que c'est trop tôt

On est mal dans son corps
On ne se trouve pas beau
L'impression d'être mort
Sans l'autre contre sa peau

On est si peu de choses
Quand l'autre s'en va
Quand le manque s'impose
Quand on a plus le choix
On apprend tant de choses
Quand l'autre n'est plus là
Plus là

On est si peu de choses
Et tellement à la fois
Quand le manque s'impose
On est plus vivant que l'on croit
On comprend tant de choses
Quand l'autre n'est plus là
Plus là


Pour écouter la chanson: 
http://www.divertissonsnous.com/2008/01/23/paroles-clip-frederic-lerner-plus-la/


</description><content:encoded><![CDATA[Vivre à coté de l’autre<br />
Et partager sa vie<br />
Aimer tout ce qu’il est<br />
Son odeur ses gestes aussi<br />
<br />
Avancer cote à cote<br />
Et s’arrêter ici<br />
Au milieu des regrets<br />
Et de tout c’qu’on s’est dit<br />
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Le souvenir de l’autre<br />
Est tellement précis<br />
On l’entend on le frôle<br />
On caresse son ombre la nuit<br />
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Le temps pousse à la faute<br />
Et on en paie le prix<br />
Avoir le premier rôle<br />
Et plus rien aujourd’hui<br />
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On est si peu de chose<br />
Quand l’autre s’en va<br />
Quand le manque s’impose<br />
Quand on a plus le choix<br />
On apprend tant de choses<br />
Quand l’autre n’est plus là<br />
Plus là<br />
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On refait son décor<br />
On range les photos<br />
On a peur quand on sort<br />
On se dit que c’est trop tôt<br />
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On est mal dans son corps<br />
On ne se trouve pas beau<br />
L’impression d’être mort<br />
Sans l’autre contre sa peau<br />
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On est si peu de choses<br />
Quand l’autre s’en va<br />
Quand le manque s’impose<br />
Quand on a plus le choix<br />
On apprend tant de choses<br />
Quand l’autre n’est plus là<br />
Plus là<br />
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On est si peu de choses<br />
Et tellement à la fois<br />
Quand le manque s’impose<br />
On est plus vivant que l’on croit<br />
On comprend tant de choses<br />
Quand l’autre n’est plus là<br />
Plus là<br />
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Pour écouter la chanson: <br />
http://www.divertissonsnous.com/2008/01/23/paroles-clip-frederic-lerner-plus-la/<br />
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]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-03-02T03:24:41+01:00</dc:date></item><item><title>La Vie d'après (suite 6) extrait du roman autobiographique de M.Y. à paraître  (tous droits réservés)</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080225015335/la-vie-d-apres-suite-6-extrait-du-roman-autobiographique-de-m-y-a-paraitre-tous-droits-reserves/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080225015335/la-vie-d-apres-suite-6-extrait-du-roman-autobiographique-de-m-y-a-paraitre-tous-droits-reserves/</guid><description>21H50 Mardi 6 novembre 2007 – message vocal de J.-B. : - M., J'ai regardé ton sms, je ne veux pas que tu te fasses de souci, je ne veux pas que tu te stresses, il y a plein de choses qui n'ont pas d'importance, voilà. Alors, moi, mon amour je te le donne tel que tu es là aujourd'hui, pas avec l'image simplement de ce que tu étais sur la plage, aujourd'hui, toi, toi-même et toi seul. Et donc voila, et même si le traitement dure longtemps, et alors quelle importance ? Je ne veux pas que tu te traumatises, que tu te mettes dans le désarroi comme ça. L'amour que je te donne il est pour toi aujourd'hui dans cette prison, tel que c'est là, je sais que ce n'est pas facile parce qu'il y a plein de paramètres. Je fais attention pour respecter O. aussi, parce qu'O. n'est pas un salaud, c'est quelqu'un auquel je dois faire attention. Je sais que ce n'est pas facile pour toi, et ce n'est pas un trio que je propose. Je ne veux pas que tu te tortures, que tu te mettes mille idées en tête. Je te rappelle tout à l'heure, un peu plus loin, si tu réponds. Mais ne t'inquiète pas. Ne te fais pas de mal parce que ça ne sert à rien. C'est comme ça. Allez, je te serre fort dans mes bras et je t'aime très fort. Je te fais mille bisous, mille bisous, allez à tout à l'heure.

Notre histoire démarrait cependant avec de lourds handicaps. Oui, notre relation démarrée sur les chapeaux de roues et précipitée dans le contexte de ma rude maladie ne fut pas épargnée par les autres. Ça, non ! Les soi disant amis, les bien pensants (pourtant bien déguisés pour certains) se révélèrent d'une férocité inattendue, me plongeant un peu plus dans l'état de solitude auquel ce type de pathologie ne manque pas de confronter. Les « je t'aime » d'Ida (celle que vous preniez presque pour une seconde mère!) pesèrent peu face aux critiques liées à la rupture avec L. : 
- Ne mets-tu pas J.-B. à la place de L. j'ai cette impression ? 
Ma façon de rompre n'était pas « clean ». Savait-elle seulement comment nous avions rompu ? Mon sms était tout aussi clean que de violentes disputes (Merci j'avais donné) : j'en veux pour preuve cet extrait :

SMS à L ; du1/11/2007, à 15h50 : - J'espère que tu ne garderas pas qu'amertume de notre histoire qui comporte de beaux passages. Ma maladie a changé la donne, complètement. Et ma guérison doit se faire dans un environnement paisible et une atmosphère apaisée. Je me rends compte à quel point j'ai besoin de la présence de mes parents, quant à J.-B., ma maladie a été un accélérateur d'une attirance mutuelle qui n'a échappé à personne. Dans la période grave que je traverse, il m'a proposé son aide et je l'ai acceptée. Ne soyons pas plus bêtes que les autres […] Faisons-en sorte que ce soit le moins douloureux possible pour tout le monde […] M.

Et puis, Ida connaissait-elle une méthode universelle de rupture??? Je n'avais pas voulu voir L. à l'occasion de ma première et inattendue « permission », je ne retrouvais pas un peu de liberté pour la perdre aussitôt, c'était un réflexe vital.

Un peu plus tard, en décembre, abandonné par quelques-un(e)s qui se disaient mes amies, mes « sœurs » même ( !), j'envoyais une lettre à Ida afin de tenter de rompre le silence qu'elle m'imposait et qui sous-entendait un parti pris manifeste pour L. :

-Ma chère Ida,
Depuis les quelques semaines passées où tu ne m'appelles plus, je suis triste, d'autant, tu t'en doutes, qu'ici le temps pour moi est long, privé de la visite de mes amis, presque tous dans le Sud Ouest depuis près de huit ans ! Ida, je ne cherche pas à te culpabiliser, mais je m'interroge, pourquoi es-tu en retrait ? C'est sur, je n'étais pas ravi de t'entendre me dire, alors que je sortais tout juste de ma première chimio (qui m'avait fait maigrir considérablement, perdre mes cheveux et mon moral), que j'étais « dur » avec L. ! Ça m'est resté en travers de la gorge tout comme le fait que tu ne veuilles rien entendre à son sujet. Certes, c'est ton ami, mais ne me disais-tu pas que je l'étais, moi aussi, n'étais-je pas « ton M. » ? M'as-tu donné la possibilité d'évoquer avec toi ses « travers » qui m'ont conduit à rompre ? Non, tu n'as voulu voir uniquement le fait que je « n'étais pas seul » et que j'avais J.-B. à mes côtés… Mais je vais te dire : HEUREUSEMENT que j'ai reçu son aide. L. ne s'apprêtait pas à être à la hauteur, continuant de rejeter mes parents, d'être odieux avec eux quand j'étais cloué au lit par la maladie. Ida, j'ai passé l'été avec un mal de ventre épouvantable, L. a ajouté de la peine (et quelle peine !) à la dépression qui était déjà la mienne et je te le dis comme je le pense, il a fait le lit de ma maladie. Quand je pense qu'il raconte partout que lorsqu'il m'a connu « il m'a sorti du trou », que « sans lui je serai mort », je suis atterré ! Mais de quoi parle-t-il ? J'étais sentimentalement seul quand je l'ai rencontré, mais depuis des mois déjà pris en mains par le Pr Z.. Mes jours n'étaient pas comptés ! Je pensais cependant que jamais plus aucun garçon ne voudrait de moi par ce que j'étais séropo, à vingt-six ans ! Les premiers mois avec L. ont été fabuleux, mais petit à petit (et pas devant témoins), j'ai découvert ses crises. Des accès de violence terrible accompagnée de coups, Ida ! Ce que j'ai vécu est comparable à ce que vivent les femmes battues. J'ai vécu dans le silence pensant que la force de mon amour le changerait… Puis, au fil du temps l'espoir s'en est allé. J'ai mis des années à le convaincre de consulter un psy (je sais malheureusement que rien n'y a fait et qu'il n'a d'ailleurs rien confié de sa violence à sa psy !). J'ai connu les mise à la porte, les urgences où je me conduisais moi-même car il refusait de m'y emmener. Alors ne te fie pas aux apparences, à la grande piscine, au bronzage, avoir été le compagnon de L. n'a pas fait de moi un garçon gâté ! Je pousserai la confidence un peu plus loin encore, L. a vécu, à Bordeaux, entièrement à mes frais. J'ai tout assumé de notre train de vie. L'aide que j'ai reçue m'est venue de mes parents et au Moulin, il fallait encore que je paie ma part de courses ! J'ai beaucoup donné, je suis loin d'être un ingrat. Tu comprendras, qu'après les chèques signés à ma place et les espèces retirées au distributeur avec ma carte bleue pendant que j'étais immobilisé à l'hôpital, ton laïus sur l'intégrité de L. me fasse beaucoup rire !!! 
Tu comprendras que j'attends de mes amis, en tout cas ceux qui veulent le rester, qu'ils ne me fassent pas l'ombre d'un reproche quand, depuis ma prison à l'hôpital, face à moi-même et quoi que L. puisse prétendre sous l'influence de personne, mais seulement en l'observant, j'ai décidé que ça suffisait ! Cette décision est réfléchie depuis longtemps (différée depuis trop longtemps) et je m'y suis résolu par ce que je ne veux PLUS JAMAIS vivre avec quelqu'un de VIOLENT, aussi doux puisse-t-il être entre deux crises car cette violence au final c'est aussi de la brutalité, de l'irrespect qui se diluent dans le quotidien. J'allais finir emmuré à faire ce que font ses amis qui ne s'opposent pas à lui : tout accepter sans broncher.
Ida, il n'y a pas de fatalité. C'est bien fini d'en baver : ma vie ne sera plus jamais la même et j'entends bien me protéger de personnages jaloux et destructeurs.
J'espère que tu comprendras tout ce que ma pudeur a tu à mes amis pendant des années. Tu sais que la vie est composée de beaucoup d'apparences. Par ailleurs, il y a quand-même beaucoup de traits de caractère du bouillonnant L., si tu es honnête, que tu connais ! Pour un soir ou un week-end dans un joli cadre tout ça se supporte au mieux, au quotidien et la porte close, c'est une autre affaire Pour moi, même si elle est lourde, je tourne la page de façon déterminée et sans appel.
Tu peux toujours m'appeler. Je t'embrasse très affectueusement. M.

Jamais plus Ida ne se manifesta.
</description><content:encoded><![CDATA[21H50 Mardi 6 novembre 2007 – message vocal de J.-B. : - M., J’ai regardé ton sms, je ne veux pas que tu te fasses de souci, je ne veux pas que tu te stresses, il y a plein de choses qui n’ont pas d’importance, voilà. Alors, moi, mon amour je te le donne tel que tu es là aujourd’hui, pas avec l’image simplement de ce que tu étais sur la plage, aujourd’hui, toi, toi-même et toi seul. Et donc voila, et même si le traitement dure longtemps, et alors quelle importance ? Je ne veux pas que tu te traumatises, que tu te mettes dans le désarroi comme ça. L’amour que je te donne il est pour toi aujourd’hui dans cette prison, tel que c’est là, je sais que ce n’est pas facile parce qu’il y a plein de paramètres. Je fais attention pour respecter O. aussi, parce qu’O. n’est pas un salaud, c’est quelqu’un auquel je dois faire attention. Je sais que ce n’est pas facile pour toi, et ce n’est pas un trio que je propose. Je ne veux pas que tu te tortures, que tu te mettes mille idées en tête. Je te rappelle tout à l’heure, un peu plus loin, si tu réponds. Mais ne t’inquiète pas. Ne te fais pas de mal parce que ça ne sert à rien. C’est comme ça. Allez, je te serre fort dans mes bras et je t’aime très fort. Je te fais mille bisous, mille bisous, allez à tout à l’heure.<br />
<br />
Notre histoire démarrait cependant avec de lourds handicaps. Oui, notre relation démarrée sur les chapeaux de roues et précipitée dans le contexte de ma rude maladie ne fut pas épargnée par les autres. Ça, non ! Les soi disant amis, les bien pensants (pourtant bien déguisés pour certains) se révélèrent d’une férocité inattendue, me plongeant un peu plus dans l’état de solitude auquel ce type de pathologie ne manque pas de confronter. Les « je t’aime » d’Ida (celle que vous preniez presque pour une seconde mère!) pesèrent peu face aux critiques liées à la rupture avec L. : <br />
- Ne mets-tu pas J.-B. à la place de L. j’ai cette impression ? <br />
Ma façon de rompre n’était pas « clean ». Savait-elle seulement comment nous avions rompu ? Mon sms était tout aussi clean que de violentes disputes (Merci j’avais donné) : j’en veux pour preuve cet extrait :<br />
<br />
SMS à L ; du1/11/2007, à 15h50 : - J’espère que tu ne garderas pas qu’amertume de notre histoire qui comporte de beaux passages. Ma maladie a changé la donne, complètement. Et ma guérison doit se faire dans un environnement paisible et une atmosphère apaisée. Je me rends compte à quel point j’ai besoin de la présence de mes parents, quant à J.-B., ma maladie a été un accélérateur d’une attirance mutuelle qui n’a échappé à personne. Dans la période grave que je traverse, il m’a proposé son aide et je l’ai acceptée. Ne soyons pas plus bêtes que les autres […] Faisons-en sorte que ce soit le moins douloureux possible pour tout le monde […] M.<br />
<br />
Et puis, Ida connaissait-elle une méthode universelle de rupture??? Je n’avais pas voulu voir L. à l’occasion de ma première et inattendue « permission », je ne retrouvais pas un peu de liberté pour la perdre aussitôt, c’était un réflexe vital.<br />
<br />
Un peu plus tard, en décembre, abandonné par quelques-un(e)s qui se disaient mes amies, mes « sœurs » même ( !), j’envoyais une lettre à Ida afin de tenter de rompre le silence qu’elle m’imposait et qui sous-entendait un parti pris manifeste pour L. :<br />
<br />
-Ma chère Ida,<br />
Depuis les quelques semaines passées où tu ne m’appelles plus, je suis triste, d’autant, tu t’en doutes, qu’ici le temps pour moi est long, privé de la visite de mes amis, presque tous dans le Sud Ouest depuis près de huit ans ! Ida, je ne cherche pas à te culpabiliser, mais je m’interroge, pourquoi es-tu en retrait ? C’est sur, je n’étais pas ravi de t’entendre me dire, alors que je sortais tout juste de ma première chimio (qui m’avait fait maigrir considérablement, perdre mes cheveux et mon moral), que j’étais « dur » avec L. ! Ça m’est resté en travers de la gorge tout comme le fait que tu ne veuilles rien entendre à son sujet. Certes, c’est ton ami, mais ne me disais-tu pas que je l’étais, moi aussi, n’étais-je pas « ton M. » ? M’as-tu donné la possibilité d’évoquer avec toi ses « travers » qui m’ont conduit à rompre ? Non, tu n’as voulu voir uniquement le fait que je « n’étais pas seul » et que j’avais J.-B. à mes côtés… Mais je vais te dire : HEUREUSEMENT que j’ai reçu son aide. L. ne s’apprêtait pas à être à la hauteur, continuant de rejeter mes parents, d’être odieux avec eux quand j’étais cloué au lit par la maladie. Ida, j’ai passé l’été avec un mal de ventre épouvantable, L. a ajouté de la peine (et quelle peine !) à la dépression qui était déjà la mienne et je te le dis comme je le pense, il a fait le lit de ma maladie. Quand je pense qu’il raconte partout que lorsqu’il m’a connu « il m’a sorti du trou », que « sans lui je serai mort », je suis atterré ! Mais de quoi parle-t-il ? J’étais sentimentalement seul quand je l’ai rencontré, mais depuis des mois déjà pris en mains par le Pr Z.. Mes jours n’étaient pas comptés ! Je pensais cependant que jamais plus aucun garçon ne voudrait de moi par ce que j’étais séropo, à vingt-six ans ! Les premiers mois avec L. ont été fabuleux, mais petit à petit (et pas devant témoins), j’ai découvert ses crises. Des accès de violence terrible accompagnée de coups, Ida ! Ce que j’ai vécu est comparable à ce que vivent les femmes battues. J’ai vécu dans le silence pensant que la force de mon amour le changerait… Puis, au fil du temps l’espoir s’en est allé. J’ai mis des années à le convaincre de consulter un psy (je sais malheureusement que rien n’y a fait et qu’il n’a d’ailleurs rien confié de sa violence à sa psy !). J’ai connu les mise à la porte, les urgences où je me conduisais moi-même car il refusait de m’y emmener. Alors ne te fie pas aux apparences, à la grande piscine, au bronzage, avoir été le compagnon de L. n’a pas fait de moi un garçon gâté ! Je pousserai la confidence un peu plus loin encore, L. a vécu, à Bordeaux, entièrement à mes frais. J’ai tout assumé de notre train de vie. L’aide que j’ai reçue m’est venue de mes parents et au Moulin, il fallait encore que je paie ma part de courses ! J’ai beaucoup donné, je suis loin d’être un ingrat. Tu comprendras, qu’après les chèques signés à ma place et les espèces retirées au distributeur avec ma carte bleue pendant que j’étais immobilisé à l’hôpital, ton laïus sur l’intégrité de L. me fasse beaucoup rire !!! <br />
Tu comprendras que j’attends de mes amis, en tout cas ceux qui veulent le rester, qu’ils ne me fassent pas l’ombre d’un reproche quand, depuis ma prison à l’hôpital, face à moi-même et quoi que L. puisse prétendre sous l’influence de personne, mais seulement en l’observant, j’ai décidé que ça suffisait ! Cette décision est réfléchie depuis longtemps (différée depuis trop longtemps) et je m’y suis résolu par ce que je ne veux PLUS JAMAIS vivre avec quelqu’un de VIOLENT, aussi doux puisse-t-il être entre deux crises car cette violence au final c’est aussi de la brutalité, de l’irrespect qui se diluent dans le quotidien. J’allais finir emmuré à faire ce que font ses amis qui ne s’opposent pas à lui : tout accepter sans broncher.<br />
Ida, il n’y a pas de fatalité. C’est bien fini d’en baver : ma vie ne sera plus jamais la même et j’entends bien me protéger de personnages jaloux et destructeurs.<br />
J’espère que tu comprendras tout ce que ma pudeur a tu à mes amis pendant des années. Tu sais que la vie est composée de beaucoup d’apparences. Par ailleurs, il y a quand-même beaucoup de traits de caractère du bouillonnant L., si tu es honnête, que tu connais ! Pour un soir ou un week-end dans un joli cadre tout ça se supporte au mieux, au quotidien et la porte close, c’est une autre affaire Pour moi, même si elle est lourde, je tourne la page de façon déterminée et sans appel.<br />
Tu peux toujours m’appeler. Je t’embrasse très affectueusement. M.<br />
<br />
Jamais plus Ida ne se manifesta.<br />
]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-02-25T01:53:35+01:00</dc:date></item><item><title>2008/02/22 15:30:23</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080222153023/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080222153023/</guid><description></description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/m/i/mitchangel/20080222-160118840847bedc323630b.jpg" width="1600" height="1200" border="1" alt="" title="" /></div>]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-02-22T15:30:23+01:00</dc:date></item><item><title>Ce qui se passe à l'intérieur est très intéressant...</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080222152434/ce-qui-se-passe-a-l-interieur-est-tres-interessant/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080222152434/ce-qui-se-passe-a-l-interieur-est-tres-interessant/</guid><description>

mais j'aimerai aussi recevoir ton avis sur les premières pages de mon roman
&quot;La Vie d'après&quot;, à découvrir dans mon journal chaque jour
Ceci dit, cette est un fragment d'autoportrait, le reste est à découvrir sur mon blog GA
http://www.blog.mitchangel.gayattitude.com
N'hésite pas à m'ajouter à ta friendlist

</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/m/i/mitchangel/20080222-160118840847bedc323630b.jpg" width="1600" height="1200" border="1" alt="" title="" /><br />
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mais j'aimerai aussi recevoir ton avis sur les premières pages de mon roman<br />
"La Vie d'après", à découvrir dans mon journal chaque jour<br />
Ceci dit, cette est un fragment d'autoportrait, le reste est à découvrir sur mon blog GA<br />
http://www.blog.mitchangel.gayattitude.com<br />
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]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-02-22T15:24:34+01:00</dc:date></item><item><title>La Vie d'après (suite 5) extrait du roman autobiographique de M. Y. - tous droits réservés -</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080222132823/la-vie-d-apres-suite-5-extrait-du-roman-autobiographique-de-m-y-tous-droits-reserves/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080222132823/la-vie-d-apres-suite-5-extrait-du-roman-autobiographique-de-m-y-tous-droits-reserves/</guid><description>Là où L. ne montrait que mauvaise volonté pour chercher un meublé pour mes parents et lui ; J.-B. et O. son compagnon, auquel  je venais de l'emprunter à défaut de le prendre (?), mirent les bouchées doubles pour trouver de quoi nous loger à l'occasion de mes sorties de l'hôpital, au débotté, et de loger mes parents chaque soir. Les médecins avaient beaucoup insisté sur la nécessité d'avoir un pied-à terre parisien afin que je ne m'éloigne pas pendant mes sorties. L. avait fait la gueule, bien sur, à l'idée d'une éventuelle cohabitation, me disant : 
- Je me chercherai quelque-chose pour moi !
A vrai dire, avant J.-B., et à l'exception d'Y. (la cousine germaine de ma grand-mère maternelle), jamais je n'avais rencontré un être humain qui cherche à faire le bien de façon désintéressée tout en faisant concorder ses propos et ses actes. J.-B. proposa de se porter caution pour louer les meublés, mieux il avança caution et loyer du premier appart, l'acte comprenant aussi tous les désagréments liés au harcèlement d'une certaine Mademoiselle P. de l'agence immobilière. Il nous épaulait là où L. se serait dérobé : jamais il ne se serait porté caution pour mes parents.

Quoi qu'il arrive à l'avenir, J.-B. est et restera « mon ange gardien », mon bel amour-mon ami, le plus cher, qui prit les traits de la providence dans le pire instant de ma vie. Je lui suis et lui serai éternellement reconnaissant de sa générosité et de sa gentillesse si naturelles. Non, décidément, avec lui, ces qualités ne sont pas galvaudées. Sans que je le connaisse, par de simples gestes ou de simples paroles, dans ses yeux bruns plantés dans les miens, je compris très tôt que j'étais face à une personnalité hors du commun. TRES VITE J'AI VOULU INTENSEMENT CE GARCON LA. Faisant d'ailleurs fi, un peu vite, de son compagnon qui, malgré des apparences d'incompatibilité des goûts sexuels, se révéla très accroché. Cette situation devint bientôt perturbante pour moi, je devais composer avec ce garçon insaisissable qui, chaque fois qu'il le pouvait (mais le faisait-il seulement exprès ?) ou me sonda ou ne manqua pas de me faire comprendre qu'il était dans la place. Je dus régulièrement me prendre au téléphone, dans des conversations les plus civiles qui soient quelques sourdes et douloureuses salves encaissées généralement lorsque J.-B., hors de portée, était sur le chemin du retour vers les Landes après ses visites à Paris. Par exemple, pendant que J.-B. était dans le TGV entre Bordeaux et Dax : 
- Bon, je vais aller chercher mon loulou !
Comme ce mot doux me fit mal ! Ou encore lorsque J.-B., à la mi-novembre, se trouvait sur la route, dans une voiture louée pour braver les grèves contre les mesures concernant les retraites des régimes spéciaux orchestrées par Sarkozy : 
- Je vais faire du feu, moi je ne suis pas frileux, mais J.-B. n'aime pas avoir froid. Bien que je conçoive que ce fut de bonne guerre, souvent je frémissais un peu quand je voyais le numéro d'O. (celui de son travail ou généralement le vendredi soir celui de la maison de J.-B.) s'afficher sachant qu'il allait falloir battre le fer. L'attention particulière accordée par J.-B. à ce garçon est troublante et me bouleversa plus d'une fois ; je me découvrais jaloux lorsque, pendant le week-end je savais qu'ils avaient des activités communes. Mais je savais que je n'avais rien à exiger, que j'avais surgi dans sa vie à lui aussi et je respectais le ménagement avec lequel J.-B. traitait son (ancien ?) compagnon. 
Plus d'une fois je fus effrayé par mes propres pensées : - J.-B., dans sa loyauté, n'avait-il pas décidé de m'accompagner jusqu'à ma guérison, pour ensuite continuer sa vie avec O.??? Mes précédents relations ne m'engageaient guère à être confiant et, parfois découragé je me laissais aller à de sombres pensées. Quel garçon ferait toutes les semaines des allers-retours à Paris, quel garçon débourserait cautions et avances de loyer, quel garçon multiplierait les marques d'attention – remplissant le congélateur de plats cuisinés Picard, se précipitant dans le premier magasin d'électroménager pour doter immédiatement la cuisine d'un meublé d'un four-micro-ondes manquant, quel garçon ferait tout cela si c'était pour laisser ensuite  son nouvel ami? Afin de bien m'en persuader, je mis trois-quarts d'heure à recopier un message vocal (que J.-B. me laissa après lecture de multiples sms désespérés) pour le relire chaque fois que je doutais.
(à suivre)</description><content:encoded><![CDATA[Là où L. ne montrait que mauvaise volonté pour chercher un meublé pour mes parents et lui ; J.-B. et O. son compagnon, auquel  je venais de l’emprunter à défaut de le prendre (?), mirent les bouchées doubles pour trouver de quoi nous loger à l’occasion de mes sorties de l’hôpital, au débotté, et de loger mes parents chaque soir. Les médecins avaient beaucoup insisté sur la nécessité d’avoir un pied-à terre parisien afin que je ne m’éloigne pas pendant mes sorties. L. avait fait la gueule, bien sur, à l’idée d’une éventuelle cohabitation, me disant : <br />
- Je me chercherai quelque-chose pour moi !<br />
A vrai dire, avant J.-B., et à l’exception d’Y. (la cousine germaine de ma grand-mère maternelle), jamais je n’avais rencontré un être humain qui cherche à faire le bien de façon désintéressée tout en faisant concorder ses propos et ses actes. J.-B. proposa de se porter caution pour louer les meublés, mieux il avança caution et loyer du premier appart, l’acte comprenant aussi tous les désagréments liés au harcèlement d’une certaine Mademoiselle P. de l’agence immobilière. Il nous épaulait là où L. se serait dérobé : jamais il ne se serait porté caution pour mes parents.<br />
<br />
Quoi qu’il arrive à l’avenir, J.-B. est et restera « mon ange gardien », mon bel amour-mon ami, le plus cher, qui prit les traits de la providence dans le pire instant de ma vie. Je lui suis et lui serai éternellement reconnaissant de sa générosité et de sa gentillesse si naturelles. Non, décidément, avec lui, ces qualités ne sont pas galvaudées. Sans que je le connaisse, par de simples gestes ou de simples paroles, dans ses yeux bruns plantés dans les miens, je compris très tôt que j’étais face à une personnalité hors du commun. TRES VITE J’AI VOULU INTENSEMENT CE GARCON LA. Faisant d’ailleurs fi, un peu vite, de son compagnon qui, malgré des apparences d’incompatibilité des goûts sexuels, se révéla très accroché. Cette situation devint bientôt perturbante pour moi, je devais composer avec ce garçon insaisissable qui, chaque fois qu’il le pouvait (mais le faisait-il seulement exprès ?) ou me sonda ou ne manqua pas de me faire comprendre qu’il était dans la place. Je dus régulièrement me prendre au téléphone, dans des conversations les plus civiles qui soient quelques sourdes et douloureuses salves encaissées généralement lorsque J.-B., hors de portée, était sur le chemin du retour vers les Landes après ses visites à Paris. Par exemple, pendant que J.-B. était dans le TGV entre Bordeaux et Dax : <br />
- Bon, je vais aller chercher mon loulou !<br />
Comme ce mot doux me fit mal ! Ou encore lorsque J.-B., à la mi-novembre, se trouvait sur la route, dans une voiture louée pour braver les grèves contre les mesures concernant les retraites des régimes spéciaux orchestrées par Sarkozy : <br />
- Je vais faire du feu, moi je ne suis pas frileux, mais J.-B. n’aime pas avoir froid. Bien que je conçoive que ce fut de bonne guerre, souvent je frémissais un peu quand je voyais le numéro d’O. (celui de son travail ou généralement le vendredi soir celui de la maison de J.-B.) s’afficher sachant qu’il allait falloir battre le fer. L’attention particulière accordée par J.-B. à ce garçon est troublante et me bouleversa plus d’une fois ; je me découvrais jaloux lorsque, pendant le week-end je savais qu’ils avaient des activités communes. Mais je savais que je n’avais rien à exiger, que j’avais surgi dans sa vie à lui aussi et je respectais le ménagement avec lequel J.-B. traitait son (ancien ?) compagnon. <br />
Plus d’une fois je fus effrayé par mes propres pensées : - J.-B., dans sa loyauté, n’avait-il pas décidé de m’accompagner jusqu’à ma guérison, pour ensuite continuer sa vie avec O.??? Mes précédents relations ne m’engageaient guère à être confiant et, parfois découragé je me laissais aller à de sombres pensées. Quel garçon ferait toutes les semaines des allers-retours à Paris, quel garçon débourserait cautions et avances de loyer, quel garçon multiplierait les marques d’attention – remplissant le congélateur de plats cuisinés Picard, se précipitant dans le premier magasin d’électroménager pour doter immédiatement la cuisine d’un meublé d’un four-micro-ondes manquant, quel garçon ferait tout cela si c’était pour laisser ensuite  son nouvel ami? Afin de bien m’en persuader, je mis trois-quarts d’heure à recopier un message vocal (que J.-B. me laissa après lecture de multiples sms désespérés) pour le relire chaque fois que je doutais.<br />
(à suivre)]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-02-22T13:28:23+01:00</dc:date></item><item><title>La Vie d'après par Mike Yve roman autobiographique (extrait) tous droits réservés</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080221023938/la-vie-d-apres-par-mike-yve-roman-autobiographique-extrait-tous-droits-reserves/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080221023938/la-vie-d-apres-par-mike-yve-roman-autobiographique-extrait-tous-droits-reserves/</guid><description>Lorsque la foudre a frappé

SMS de J.-B., du jeudi 20 septembre 2007, 15h10 : - Tu es tellement beau, tu dégages tellement de douceur que tu m'as intimidé.

Mon Filofax a la réglette noire glissée dans la tranche de la semaine du premier octobre ; pourtant nous sommes le soir du 2 novembre.
Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 octobre, dans un état second, j'ai quitté la table d'Ida, une amie, et j'ai roulé dans le confort climatisé de ma voiture de Bordeaux jusque dans les Landes. Je devais être sur place le lendemain matin pour y servir les petits-déjeuners  de la table d'hôte que je tenais encore aux côté de mon ami L.
Depuis deux jours déjà, à Bordeaux, j'étais mal, fatigué, en sueur tout le temps, avec  d'affreuses crampes dans les jambes, m'empêchant de dormir. Depuis un mois, en fait, la fatigue se faisait sentir. L., qui n'avait de cesse (il faut croire) de vouloir ma mort, me répétait inlassablement, quand je me plaignais de cette fatigue : 
- C'est normal, tu es déprimé !

Le dimanche précédent, alors que nous étions sur la plage des casernes et qu'il faisait 30°, j'avais eu un premier malaise après une baignade dans un océan qui m'avait semblé rempli de glaçons. En revenant sur ma serviette, j'avais ressenti des douleurs partout : dans les os du crâne, dans le dos, dans les jambes. J'avais alors insisté auprès de L. pour plier les serviettes et retourner à la voiture. Entretemps, j'avais avalé un Dafalgan, le mal de tête se dissipait un peu.
Après avoir traversé la pinède, arrivés au parking mon téléphone avait vibré : c'était toi ou plutôt ta voix chantante qui nous proposait de passer chez vous en revenant de la plage. Je rappelais aussitôt et rendez-vous fut pris : nous passions. Evidemment je n'avais plus mal nulle part, je me sentais devenir léger. Je subis d'ailleurs aussitôt un sarcasme de L. qui un moment plus tôt m'avait proposé une partie de minigolf que j'avais déclinée d'une moue boudeuse.
- Tu as beaucoup plus d'entrain pour aller chez J.-B. que pour le minigolf, d'ailleurs tu sembles aller beaucoup mieux ! 
Ben oui, tu parles !!! Que n'étais-je prêt à donner pour te voir et couler quelques instants auprès de toi. Pour la première fois depuis dix ans  (un comble !) L. mit le cap sur l'Etang blanc pour rejoindre ton village. Je m'étonnais que jamais on ne soit venus nous promener par là. Et pourtant quelle splendeur, dans chaque lacet, on découvrait cette vaste étendue d'eau bordée d'une végétation luxuriante. Je ne savais pas encore que quelques jours plus tard tu me conduirais jusqu'à ta caravane, sur un terrain boisé en bordure de l'Etang pour goûter à ce qui fut l'une de nos dernières étreintes…

Dans la nuit du 4 au 5 octobre, en arrivant au Moulin, je courrais observer ma bouche. A l'intérieur, des boutons avaient poussé pendant le trajet entre Bordeaux et les Landes, ils étaient violacés. En proie à une crise de panique effroyable, je me déshabillais en toute hâte pour découvrir que mes membres étaient recouverts de petites têtes d'épingle elles aussi violettes. Après avoir consulté un médecin du SAMU, je me décidais à appeler le mien qui me dit de venir consulter aussitôt. Son verdict fut que ces tâches étaient d'origine hémorragique, il m'envoya donc aux urgences de Dax pour y pratiquer une numération et surtout un contrôle des plaquettes.
Ainsi je pouvais faire une croix sur notre rendez-vous du lendemain ; je passerai la nuit aux urgences où ils me garderaient en observation.
Je croyais à une intoxication médicamenteuse due à un antibiotique.
Mon médecin me proposa d'appeler une ambulance, je déclinais. C'est encore dans l'air climatisé de ma voiture, calmement, que j'irais aux urgences. Là, après quelques prélèvements, il se révéla aussitôt que mon taux de plaquettes dans le sang, était dangereusement bas ; on me prévint que je resterai plusieurs jours en observation. A partir de là tout s'enchaîna assez vite, le jour même vers 16h00, j'étais à peine installé dans ma chambre que le médecin virologue m'annonçait : - Je n'ai pas de bonnes nouvelles. Elle avait déjà le diagnostic : un lymphome de Burkitt. Une saloperie foudroyante venue sans prévenir, dont  ne sait où, frappant en priorité les séropos et les petits garçons africains. Un truc hyper violent à traiter dans l'urgence et avec des armes massives : la chimio. Tu vins me voir un maximum à Dax. Dès les urgences où tu vins le matin. Ce fut là le théâtre improvisé où je te remis la lettre que je t'avais écrite quelques jours pus tôt. Une lettre dans laquelle, je te confessais mon statut sérologique : séropo. Là, je  finissais la lettre en te disant que j'étais prêt à tout quitter pour toi…  Je te demandais : 
- Je n'arrivais pas à te le dire, j'ai choisi de te le l'écrire, je suis désolé. 
Tu enchaînas : 
- Et alors ? Qu'est-ce que cela change ? De toute façon, je l'avais deviné. 
Ta franchise était belle, ta sincérité étincelante dans cette petite chambre grise à la porte vitrée des urgences où nous étreignions ce matin là furtivement.
Ironie du sort, cette lettre je pensais te la remettre ce même matin lors de notre rendez-vous secret, avant que nous ne fassions l'amour. Seuls nous ne nous étions retrouvés seulement deux fois. Une heure trop courte, un matin, après les petits-déjeuners de la maison d'hôte. Là, je me donnais à toi, entièrement, sans retenue. Tu n'arrêtais pas de dire :
-Quelle douceur !  Laisse-moi abuser de toi. Je peux, encore ? Ce n'est pas trop, je peux encore abuser de toi ?
J'aurais voulu que cela ne s'arrête jamais.
</description><content:encoded><![CDATA[Lorsque la foudre a frappé<br />
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SMS de J.-B., du jeudi 20 septembre 2007, 15h10 : - Tu es tellement beau, tu dégages tellement de douceur que tu m’as intimidé.<br />
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Mon Filofax a la réglette noire glissée dans la tranche de la semaine du premier octobre ; pourtant nous sommes le soir du 2 novembre.<br />
Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 octobre, dans un état second, j’ai quitté la table d’Ida, une amie, et j’ai roulé dans le confort climatisé de ma voiture de Bordeaux jusque dans les Landes. Je devais être sur place le lendemain matin pour y servir les petits-déjeuners  de la table d’hôte que je tenais encore aux côté de mon ami L.<br />
Depuis deux jours déjà, à Bordeaux, j’étais mal, fatigué, en sueur tout le temps, avec  d’affreuses crampes dans les jambes, m’empêchant de dormir. Depuis un mois, en fait, la fatigue se faisait sentir. L., qui n’avait de cesse (il faut croire) de vouloir ma mort, me répétait inlassablement, quand je me plaignais de cette fatigue : <br />
- C’est normal, tu es déprimé !<br />
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Le dimanche précédent, alors que nous étions sur la plage des casernes et qu’il faisait 30°, j’avais eu un premier malaise après une baignade dans un océan qui m’avait semblé rempli de glaçons. En revenant sur ma serviette, j’avais ressenti des douleurs partout : dans les os du crâne, dans le dos, dans les jambes. J’avais alors insisté auprès de L. pour plier les serviettes et retourner à la voiture. Entretemps, j’avais avalé un Dafalgan, le mal de tête se dissipait un peu.<br />
Après avoir traversé la pinède, arrivés au parking mon téléphone avait vibré : c’était toi ou plutôt ta voix chantante qui nous proposait de passer chez vous en revenant de la plage. Je rappelais aussitôt et rendez-vous fut pris : nous passions. Evidemment je n’avais plus mal nulle part, je me sentais devenir léger. Je subis d’ailleurs aussitôt un sarcasme de L. qui un moment plus tôt m’avait proposé une partie de minigolf que j’avais déclinée d’une moue boudeuse.<br />
- Tu as beaucoup plus d’entrain pour aller chez J.-B. que pour le minigolf, d’ailleurs tu sembles aller beaucoup mieux ! <br />
Ben oui, tu parles !!! Que n’étais-je prêt à donner pour te voir et couler quelques instants auprès de toi. Pour la première fois depuis dix ans  (un comble !) L. mit le cap sur l’Etang blanc pour rejoindre ton village. Je m’étonnais que jamais on ne soit venus nous promener par là. Et pourtant quelle splendeur, dans chaque lacet, on découvrait cette vaste étendue d’eau bordée d’une végétation luxuriante. Je ne savais pas encore que quelques jours plus tard tu me conduirais jusqu’à ta caravane, sur un terrain boisé en bordure de l’Etang pour goûter à ce qui fut l’une de nos dernières étreintes…<br />
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Dans la nuit du 4 au 5 octobre, en arrivant au Moulin, je courrais observer ma bouche. A l’intérieur, des boutons avaient poussé pendant le trajet entre Bordeaux et les Landes, ils étaient violacés. En proie à une crise de panique effroyable, je me déshabillais en toute hâte pour découvrir que mes membres étaient recouverts de petites têtes d’épingle elles aussi violettes. Après avoir consulté un médecin du SAMU, je me décidais à appeler le mien qui me dit de venir consulter aussitôt. Son verdict fut que ces tâches étaient d’origine hémorragique, il m’envoya donc aux urgences de Dax pour y pratiquer une numération et surtout un contrôle des plaquettes.<br />
Ainsi je pouvais faire une croix sur notre rendez-vous du lendemain ; je passerai la nuit aux urgences où ils me garderaient en observation.<br />
Je croyais à une intoxication médicamenteuse due à un antibiotique.<br />
Mon médecin me proposa d’appeler une ambulance, je déclinais. C’est encore dans l’air climatisé de ma voiture, calmement, que j’irais aux urgences. Là, après quelques prélèvements, il se révéla aussitôt que mon taux de plaquettes dans le sang, était dangereusement bas ; on me prévint que je resterai plusieurs jours en observation. A partir de là tout s’enchaîna assez vite, le jour même vers 16h00, j’étais à peine installé dans ma chambre que le médecin virologue m’annonçait : - Je n’ai pas de bonnes nouvelles. Elle avait déjà le diagnostic : un lymphome de Burkitt. Une saloperie foudroyante venue sans prévenir, dont  ne sait où, frappant en priorité les séropos et les petits garçons africains. Un truc hyper violent à traiter dans l’urgence et avec des armes massives : la chimio. Tu vins me voir un maximum à Dax. Dès les urgences où tu vins le matin. Ce fut là le théâtre improvisé où je te remis la lettre que je t’avais écrite quelques jours pus tôt. Une lettre dans laquelle, je te confessais mon statut sérologique : séropo. Là, je  finissais la lettre en te disant que j’étais prêt à tout quitter pour toi…  Je te demandais : <br />
- Je n’arrivais pas à te le dire, j’ai choisi de te le l’écrire, je suis désolé. <br />
Tu enchaînas : <br />
- Et alors ? Qu’est-ce que cela change ? De toute façon, je l’avais deviné. <br />
Ta franchise était belle, ta sincérité étincelante dans cette petite chambre grise à la porte vitrée des urgences où nous étreignions ce matin là furtivement.<br />
Ironie du sort, cette lettre je pensais te la remettre ce même matin lors de notre rendez-vous secret, avant que nous ne fassions l’amour. Seuls nous ne nous étions retrouvés seulement deux fois. Une heure trop courte, un matin, après les petits-déjeuners de la maison d’hôte. Là, je me donnais à toi, entièrement, sans retenue. Tu n’arrêtais pas de dire :<br />
-Quelle douceur !  Laisse-moi abuser de toi. Je peux, encore ? Ce n’est pas trop, je peux encore abuser de toi ?<br />
J’aurais voulu que cela ne s’arrête jamais.<br />
]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-02-21T02:39:38+01:00</dc:date></item><item><title>La Vie d'après (suite 4) extrait du roman autobiographique de M. Y. - tous droits réservés -</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080220125811/la-vie-d-apres-suite-4-extrait-du-roman-autobiographique-de-m-y-tous-droits-reserves/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080220125811/la-vie-d-apres-suite-4-extrait-du-roman-autobiographique-de-m-y-tous-droits-reserves/</guid><description>Entre-temps, la rupture se préparait. Très vite, je me rendis compte que je supportais difficilement la présence de L. à mes côtés. J'étais en effet enfermé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, du jour au lendemain, dans une cellule, j'en avais pris pour cinq mois (!) aux dires des médecins et il me fallait, chaque soir après le départ de mes parents (venus camper chez nos cousins à cent kilomètres de là), supporter sa présence silencieuse, sa certitude que c'était une fois de plus lui qui maîtrisait la situation, se faisant l'interlocuteur privilégié auprès des médecins, ne faisant aucun effort pour être plus humain et chaleureux avec mes parents et montrant quasiment les dents à J.-B. qui ne pouvait à peine franchir le seuil de ma chambre et dont chaque minute de sa présence m'était un véritable trésor.
Je ne pouvais supporter, au-dessus du masque (port obligatoire, j'étais en isolement) les yeux suppliants de L. qui, chaque soir, me demandaient si je l'aimais (pour ensuite se précipiter dans les cruising-bars de la capitale pour se taper tous les mecs qui voulaient de lui !). Il m'assurait que : 
- La vie serait belle, encore plus belle après ! 
Mais de quelle vie parlait-il ? De la vie dont il avait chassé mes parents au printemps dernier, les insultant au téléphone depuis, chaque fois qu'une crise de nerfs lui venait ? De la vie cousue de jalousie qui lui faisait se passer pour moi sur les réseaux téléphoniques de rencontres gay pour savoir si je lui disais tout de mes aventures extraconjugales soi-disant acceptées ? De la vie qui consiste à me chasser encore et encore de sa maison landaise en me disant : 
- Dégage, ordure !
Pour me supplier ensuite au téléphone de revenir. 
De la vie qui consistait à se jeter violemment sur moi, incapable de se dominer, me projetant sur les portes ou contre le mobilier de la maison avec une force décuplée ? De la vie où l'on se retrouve en pleine nuit le visage en sang parce qu'on n'a pas réussi à échapper à un mauvais coup ? De la vie où l'on se retrouve sur la route, avec son chien, quelques fringues jetées au fond d'un sac de voyage, avec le cœur qui cogne, le corps ébranlé, le visage tuméfié et des sanglots plein la gorge ? D'une vie de terreur, de crainte, d'anxiété. D'une vie dominée par l'appréhension de se demander quand ce type de crise recommencera? D'une vie où le mal au ventre finit par être chevillé au corps en permanence, au point que l'on a la diarrhée tout le temps et que l'on finit par consulter son médecin et faire des analyses de selles?
Cette vie là, même si elle avait fini par être vécue dans un cadre luxueux (par ce que nous l'avions transformé), dans un matérialisme sans cesse grandissant et mâtiné d'une pingrerie de plus en plus visible, cette vie-là, non, même avec piscine, jacuzzi et salle de sport à domicile (entièrement équipée à mes frais), je décidais, au bout de quatre semaines passées à souffrir à l'hôpital, que je n'en voulais plus. L'épouvante devait cesser.
Je devais rompre et aussi donner à J.-B. toute la place que je voulais lui donner, même si lui ne voulait rien brusquer.
Oui, j'ai accepté l'aide de J.-B., celle-ci me sauvait et me protégeait d'un être qui m'avait enterré vivant, mais au de là je voulais pouvoir l'aimer et le laisser m'aimer (avec les conditions de ma maladie, c'est-à-dire avec une foule de contraintes et de restrictions – Quelle folie !). Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette aide, à neuf-cent kilomètres de son domicile et de son job, J.-B. la mettait en œuvre.

SMS de J.-B. du 9 octobre 2007, à 10h30 : - Ne t'inquiète pas, je suis là.
</description><content:encoded><![CDATA[Entre-temps, la rupture se préparait. Très vite, je me rendis compte que je supportais difficilement la présence de L. à mes côtés. J’étais en effet enfermé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, du jour au lendemain, dans une cellule, j’en avais pris pour cinq mois (!) aux dires des médecins et il me fallait, chaque soir après le départ de mes parents (venus camper chez nos cousins à cent kilomètres de là), supporter sa présence silencieuse, sa certitude que c’était une fois de plus lui qui maîtrisait la situation, se faisant l’interlocuteur privilégié auprès des médecins, ne faisant aucun effort pour être plus humain et chaleureux avec mes parents et montrant quasiment les dents à J.-B. qui ne pouvait à peine franchir le seuil de ma chambre et dont chaque minute de sa présence m’était un véritable trésor.<br />
Je ne pouvais supporter, au-dessus du masque (port obligatoire, j’étais en isolement) les yeux suppliants de L. qui, chaque soir, me demandaient si je l’aimais (pour ensuite se précipiter dans les cruising-bars de la capitale pour se taper tous les mecs qui voulaient de lui !). Il m’assurait que : <br />
- La vie serait belle, encore plus belle après ! <br />
Mais de quelle vie parlait-il ? De la vie dont il avait chassé mes parents au printemps dernier, les insultant au téléphone depuis, chaque fois qu’une crise de nerfs lui venait ? De la vie cousue de jalousie qui lui faisait se passer pour moi sur les réseaux téléphoniques de rencontres gay pour savoir si je lui disais tout de mes aventures extraconjugales soi-disant acceptées ? De la vie qui consiste à me chasser encore et encore de sa maison landaise en me disant : <br />
- Dégage, ordure !<br />
Pour me supplier ensuite au téléphone de revenir. <br />
De la vie qui consistait à se jeter violemment sur moi, incapable de se dominer, me projetant sur les portes ou contre le mobilier de la maison avec une force décuplée ? De la vie où l’on se retrouve en pleine nuit le visage en sang parce qu’on n’a pas réussi à échapper à un mauvais coup ? De la vie où l’on se retrouve sur la route, avec son chien, quelques fringues jetées au fond d’un sac de voyage, avec le cœur qui cogne, le corps ébranlé, le visage tuméfié et des sanglots plein la gorge ? D’une vie de terreur, de crainte, d’anxiété. D’une vie dominée par l’appréhension de se demander quand ce type de crise recommencera? D’une vie où le mal au ventre finit par être chevillé au corps en permanence, au point que l’on a la diarrhée tout le temps et que l’on finit par consulter son médecin et faire des analyses de selles?<br />
Cette vie là, même si elle avait fini par être vécue dans un cadre luxueux (par ce que nous l’avions transformé), dans un matérialisme sans cesse grandissant et mâtiné d’une pingrerie de plus en plus visible, cette vie-là, non, même avec piscine, jacuzzi et salle de sport à domicile (entièrement équipée à mes frais), je décidais, au bout de quatre semaines passées à souffrir à l’hôpital, que je n’en voulais plus. L’épouvante devait cesser.<br />
Je devais rompre et aussi donner à J.-B. toute la place que je voulais lui donner, même si lui ne voulait rien brusquer.<br />
Oui, j’ai accepté l’aide de J.-B., celle-ci me sauvait et me protégeait d’un être qui m’avait enterré vivant, mais au de là je voulais pouvoir l’aimer et le laisser m’aimer (avec les conditions de ma maladie, c'est-à-dire avec une foule de contraintes et de restrictions – Quelle folie !). Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette aide, à neuf-cent kilomètres de son domicile et de son job, J.-B. la mettait en œuvre.<br />
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SMS de J.-B. du 9 octobre 2007, à 10h30 : - Ne t’inquiète pas, je suis là.<br />
]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-02-20T12:58:11+01:00</dc:date></item><item><title>La vie d'après (suite 3) extrait du roman autobiographique de M. Y. - tous droits réservés - </title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080219182217/la-vie-d-apres-suite-3-extrait-du-roman-autobiographique-de-m-y-tous-droits-reserves/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080219182217/la-vie-d-apres-suite-3-extrait-du-roman-autobiographique-de-m-y-tous-droits-reserves/</guid><description>Six semaines plus tard, je suis plongé dans l'enfer du cycle des chimios. Nous sommes le 16 novembre et j'en ai déjà subi deux. La première étant particulièrement douloureuse parce que tous les symptômes du lymphome étaient là et que j'étais à plat ; que je plongeais en « aplasie » (cette phase pendant laquelle les globules sont bas ainsi que les plaquettes) période pendant laquelle on s'expose à toutes les infections.
J'ai perdu en quelques jours toute la masse musculaire gagnée depuis le printemps, mes cheveux n'ont pas tardé à tomber et je me suis récupéré une face triste de clown blanc. Dès mon arrivée à l'Hôpital Européen Georges Pompidou, le Pr L. Z. m'annonça mon transfert prévu le lendemain à l'Hôpital Saint-Louis dans le service d'immunopathologie clinique du Pr H.. où elle m'assura que je recevrai les meilleurs soins, le service étant mondialement reconnu et spécialisé dans le traitement de mon lymphome. Elle me prévint que Saint-Louis, d'un point de vue hôtellerie, ne valait pas Pompidou, que par la suite je pouvais éventuellement finir mes soins dans son  service mais que c'était la meilleure solution pour moi.
L'arrivée à Saint-Louis fut épique, on voulut à toute force me séquestrer dans une chambre double minuscule, tête dans le placard, lits à ce point serrés qu'en tendant le bras on peut toucher son voisin. Je refusais à toutes forces (celles qui me restaient) de rester dans cette chambre. Je craquais et fis là une crise de nerfs pendant qu'un interne me brusquait en me criant dessus : 
- Monsieur, quel est le plus important ? Que vous soyez soigné ou l'hôtellerie où l'on vous loge ? 
C'était au-delà de mes forces de supporter pareilles conditions et j'avais la sensation d'entrer dans un camp d'internement (d'autant que j'avais vu le précédent occupant du lit, justement cadavérique, porté sur un brancard pour être emmené dieu seul sait où…). Je chaussais mes lunettes noires et refusais que l'on me perfuse. L. appelait le Pr Z. pendant ce temps qui le pria de me convaincre de résister au moins le temps des deux premières cures de chimio. Finalement (sans doute parce que l'on savait que l'aplasie était proche tant j'étais épuisé par la saleté qui avait entrepris de me ronger) on m'installa dans une chambre seule. La chimio commença dès le soir même une fois les bilans faits : jamais on ne m'avait prélevé autant de tubes de sang (entre 30 et 40 !). Non, tout bien réfléchi, la cure de chimio ne commença pas le soir même mais le surlendemain, car il fallut d'abord réhydrater mes reins, je manquais de peu d'en perdre un et de commencer ma chimio sous dialyse.

Quand je dis que jamais je n'avais connu pareil enfer, je dis vrai. Mon corps fut précipité dans une lutte sans merci.  Dans les jours qui suivirent je fondais de quatre-vingt à soixante-douze kilos. Pendant la première aplasie (cette phase périlleuse pendant laquelle le patient ayant subi une chimio se retrouve sans défenses immunitaires), ma gorge me fit un mal de chien, comme si un sabre y était coincé : 
- C'est la mucyte, me disait-on, faites bien vos bains de bouche. 
Et les bains de bouche n'y faisaient pas grand-chose. Je me sentis désespéré quand je finis par ne plus pouvoir rien avaler et que l'on m'alimentait par perfusion. Même l'eau ne passait plus ! Faire repartir la machine (déglutition, fonctionnement du tube digestif) ne fut pas aisé. Un merveilleux infirmier me donna ma première joie, une nuit, en me portant un yaourt nature glacé que l'avalais, sans sucre, à petites bouchées. Ce fut un instant de grâce.
</description><content:encoded><![CDATA[Six semaines plus tard, je suis plongé dans l’enfer du cycle des chimios. Nous sommes le 16 novembre et j’en ai déjà subi deux. La première étant particulièrement douloureuse parce que tous les symptômes du lymphome étaient là et que j’étais à plat ; que je plongeais en « aplasie » (cette phase pendant laquelle les globules sont bas ainsi que les plaquettes) période pendant laquelle on s’expose à toutes les infections.<br />
J’ai perdu en quelques jours toute la masse musculaire gagnée depuis le printemps, mes cheveux n’ont pas tardé à tomber et je me suis récupéré une face triste de clown blanc. Dès mon arrivée à l’Hôpital Européen Georges Pompidou, le Pr L. Z. m’annonça mon transfert prévu le lendemain à l’Hôpital Saint-Louis dans le service d’immunopathologie clinique du Pr H.. où elle m’assura que je recevrai les meilleurs soins, le service étant mondialement reconnu et spécialisé dans le traitement de mon lymphome. Elle me prévint que Saint-Louis, d’un point de vue hôtellerie, ne valait pas Pompidou, que par la suite je pouvais éventuellement finir mes soins dans son  service mais que c’était la meilleure solution pour moi.<br />
L’arrivée à Saint-Louis fut épique, on voulut à toute force me séquestrer dans une chambre double minuscule, tête dans le placard, lits à ce point serrés qu’en tendant le bras on peut toucher son voisin. Je refusais à toutes forces (celles qui me restaient) de rester dans cette chambre. Je craquais et fis là une crise de nerfs pendant qu’un interne me brusquait en me criant dessus : <br />
- Monsieur, quel est le plus important ? Que vous soyez soigné ou l’hôtellerie où l’on vous loge ? <br />
C’était au-delà de mes forces de supporter pareilles conditions et j’avais la sensation d’entrer dans un camp d’internement (d’autant que j’avais vu le précédent occupant du lit, justement cadavérique, porté sur un brancard pour être emmené dieu seul sait où…). Je chaussais mes lunettes noires et refusais que l’on me perfuse. L. appelait le Pr Z. pendant ce temps qui le pria de me convaincre de résister au moins le temps des deux premières cures de chimio. Finalement (sans doute parce que l’on savait que l’aplasie était proche tant j’étais épuisé par la saleté qui avait entrepris de me ronger) on m’installa dans une chambre seule. La chimio commença dès le soir même une fois les bilans faits : jamais on ne m’avait prélevé autant de tubes de sang (entre 30 et 40 !). Non, tout bien réfléchi, la cure de chimio ne commença pas le soir même mais le surlendemain, car il fallut d’abord réhydrater mes reins, je manquais de peu d’en perdre un et de commencer ma chimio sous dialyse.<br />
<br />
Quand je dis que jamais je n’avais connu pareil enfer, je dis vrai. Mon corps fut précipité dans une lutte sans merci.  Dans les jours qui suivirent je fondais de quatre-vingt à soixante-douze kilos. Pendant la première aplasie (cette phase périlleuse pendant laquelle le patient ayant subi une chimio se retrouve sans défenses immunitaires), ma gorge me fit un mal de chien, comme si un sabre y était coincé : <br />
- C’est la mucyte, me disait-on, faites bien vos bains de bouche. <br />
Et les bains de bouche n’y faisaient pas grand-chose. Je me sentis désespéré quand je finis par ne plus pouvoir rien avaler et que l’on m’alimentait par perfusion. Même l’eau ne passait plus ! Faire repartir la machine (déglutition, fonctionnement du tube digestif) ne fut pas aisé. Un merveilleux infirmier me donna ma première joie, une nuit, en me portant un yaourt nature glacé que l’avalais, sans sucre, à petites bouchées. Ce fut un instant de grâce.<br />
]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-02-19T18:22:17+01:00</dc:date></item><item><title>***</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080218135037/la-vie-d-apres-suite-2-extrait-du-roman-autobiographique-de-m-y-tous-droits-reserves/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080218135037/la-vie-d-apres-suite-2-extrait-du-roman-autobiographique-de-m-y-tous-droits-reserves/</guid><description>Pour des raisons légales de protection des mineurs, cet article n'est accessible qu'aux inscrits sur le site.  Vous pouvez le consulter sur le site si vous êtes inscrit, ou vous y inscrire si vous êtes majeur.</description><content:encoded><![CDATA[<p><b>Pour des raisons légales de protection des mineurs, cet article n'est accessible qu'aux inscrits sur le site.</b>  Vous pouvez le consulter sur le site si vous êtes inscrit, ou vous y inscrire si vous êtes majeur.</p>]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-02-18T13:50:37+01:00</dc:date></item><item><title>La Vie d'après (suite)</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080218010209/la-vie-d-apres-suite/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080218010209/la-vie-d-apres-suite/</guid><description>Dans la nuit du 4 au 5 octobre, en arrivant au Moulin, je courrais observer ma bouche. A l'intérieur, des boutons avaient poussé pendant le trajet entre Bordeaux et les Landes, ils étaient violacés. En proie à une crise de panique effroyable, je me déshabillais en toute hâte pour découvrir que mes membres étaient recouverts de petites têtes d'épingle elles aussi violettes. Après avoir consulté un médecin du SAMU, je me décidais à appeler le mien qui me dit de venir consulter aussitôt. Son verdict fut que ces tâches étaient d'origine hémorragique, il m'envoya donc aux urgences de Dax pour y pratiquer une numération et sur tout un contrôle des plaquettes.
Ainsi je pouvais faire une croix sur notre rendez-vous du lendemain ; je passerai la nuit aux urgences où ils me garderaient en observation.
Je croyais à une intoxication médicamenteuse due à un antibiotique.
Mon médecin me proposa d'appeler une ambulance, je déclinais. C'est encore dans l'air climatisé de ma voiture, calmement, que j'irais aux urgences. Là, après quelques prélèvements, il se révéla aussitôt que mon taux de plaquettes dans le sang, était dangereusement bas ; on me prévint que je resterai plusieurs jours en observation. A partir de là tout s'enchaîna assez vite, le jour même vers 16h00, j'étais à peine installé dans ma chambre que le médecin virologue m'annonçait : - Je n'ai pas de bonnes nouvelles. Elle avait déjà le diagnostic : un lymphome de Burkitt. Une saloperie foudroyante venue sans prévenir, dont  ne sait où, frappant en priorité les séropos et les petits garçons africains. Un truc hyper violent à traiter dans l'urgence et avec des armes massives : la chimio. Tu vins me voir un maximum à Dax. Dès les urgences où tu vins le matin. Ce fut là le théâtre improvisé où je te remis la lettre que je t'avais écrite quelques jours pus tôt. Une lettre dans laquelle, je te confessais mon statut sérologique : séropo. Là, je  finissais la lettre en te disant que j'étais prêt à tout quitter pour toi…  Je te demandais : 
- Je n'arrivais pas à te le dire, j'ai choisi de te le l'écrire, je suis désolé. 
Tu enchaînas : 
- Et alors ? Qu'est-ce que cela change ? De toute façon, je l'avais deviné. 
Ta franchise était belle, ta sincérité étincelante dans cette petite chambre grise à la porte vitrée des urgences où nous étreignions ce matin là furtivement.
Ironie du sort, cette lettre je pensais te la remettre ce même matin lors de notre rendez-vous secret, avant que nous ne fassions l'amour. Seuls nous ne nous étions retrouvés seulement deux fois. Une heure trop courte, un matin, après les petits-déjeuners de la maison d'hôte. Là, je me donnais à toi, entièrement, sans retenue. Tu n'arrêtais pas de dire :
-Quelle douceur !  Laisse-moi abuser de toi. Je peux, encore ? Ce n'est pas trop, je peux encore abuser de toi ?
J'aurais voulu que cela ne s'arrête jamais.
(à suivre)</description><content:encoded><![CDATA[Dans la nuit du 4 au 5 octobre, en arrivant au Moulin, je courrais observer ma bouche. A l’intérieur, des boutons avaient poussé pendant le trajet entre Bordeaux et les Landes, ils étaient violacés. En proie à une crise de panique effroyable, je me déshabillais en toute hâte pour découvrir que mes membres étaient recouverts de petites têtes d’épingle elles aussi violettes. Après avoir consulté un médecin du SAMU, je me décidais à appeler le mien qui me dit de venir consulter aussitôt. Son verdict fut que ces tâches étaient d’origine hémorragique, il m’envoya donc aux urgences de Dax pour y pratiquer une numération et sur tout un contrôle des plaquettes.<br />
Ainsi je pouvais faire une croix sur notre rendez-vous du lendemain ; je passerai la nuit aux urgences où ils me garderaient en observation.<br />
Je croyais à une intoxication médicamenteuse due à un antibiotique.<br />
Mon médecin me proposa d’appeler une ambulance, je déclinais. C’est encore dans l’air climatisé de ma voiture, calmement, que j’irais aux urgences. Là, après quelques prélèvements, il se révéla aussitôt que mon taux de plaquettes dans le sang, était dangereusement bas ; on me prévint que je resterai plusieurs jours en observation. A partir de là tout s’enchaîna assez vite, le jour même vers 16h00, j’étais à peine installé dans ma chambre que le médecin virologue m’annonçait : - Je n’ai pas de bonnes nouvelles. Elle avait déjà le diagnostic : un lymphome de Burkitt. Une saloperie foudroyante venue sans prévenir, dont  ne sait où, frappant en priorité les séropos et les petits garçons africains. Un truc hyper violent à traiter dans l’urgence et avec des armes massives : la chimio. Tu vins me voir un maximum à Dax. Dès les urgences où tu vins le matin. Ce fut là le théâtre improvisé où je te remis la lettre que je t’avais écrite quelques jours pus tôt. Une lettre dans laquelle, je te confessais mon statut sérologique : séropo. Là, je  finissais la lettre en te disant que j’étais prêt à tout quitter pour toi…  Je te demandais : <br />
- Je n’arrivais pas à te le dire, j’ai choisi de te le l’écrire, je suis désolé. <br />
Tu enchaînas : <br />
- Et alors ? Qu’est-ce que cela change ? De toute façon, je l’avais deviné. <br />
Ta franchise était belle, ta sincérité étincelante dans cette petite chambre grise à la porte vitrée des urgences où nous étreignions ce matin là furtivement.<br />
Ironie du sort, cette lettre je pensais te la remettre ce même matin lors de notre rendez-vous secret, avant que nous ne fassions l’amour. Seuls nous ne nous étions retrouvés seulement deux fois. Une heure trop courte, un matin, après les petits-déjeuners de la maison d’hôte. Là, je me donnais à toi, entièrement, sans retenue. Tu n’arrêtais pas de dire :<br />
-Quelle douceur !  Laisse-moi abuser de toi. Je peux, encore ? Ce n’est pas trop, je peux encore abuser de toi ?<br />
J’aurais voulu que cela ne s’arrête jamais.<br />
(à suivre)]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-02-18T01:02:09+01:00</dc:date></item><item><title>La Vie d'après - roman autobiographique par M. Y. (tous droits réservés)</title><link>http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080216221007/la-vie-d-apres-roman-autobiographique-par-m-y-tous-droits-reserves/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.mitchangel.gayattitude.com/20080216221007/la-vie-d-apres-roman-autobiographique-par-m-y-tous-droits-reserves/</guid><description>Lorsque la foudre a frappé

SMS de J.-B., du jeudi 20 septembre 2007, 15h10 : - Tu es tellement beau, tu dégages tellement de douceur que tu m'as intimidé.

Mon Filofax a la réglette noire glissée dans la tranche de la semaine du premier octobre ; pourtant nous sommes le soir du 2 novembre.
Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 octobre, dans un état second, j'ai quitté la table d'Ida, une amie, et j'ai roulé dans le confort climatisé de ma voiture de Bordeaux jusque dans les Landes. Je devais être sur place le lendemain matin pour y servir les petits-déjeuners  de la table d'hôte que je tenais encore aux côté de mon ami L.
Depuis deux jours déjà, à Bordeaux, j'étais mal, fatigué, en sueur tout le temps, avec  d'affreuses crampes dans les jambes, m'empêchant de dormir. Depuis un mois, en fait, la fatigue se faisait sentir. L., qui n'avait de cesse (il faut croire) de vouloir ma mort, me répétait inlassablement, quand je me plaignais de cette fatigue : 
- C'est normal, tu es déprimé !

Le dimanche précédent, alors que nous étions sur la plage des casernes et qu'il faisait 30°, j'avais eu un premier malaise après une baignade dans un océan qui m'avait semblé rempli de glaçons. En revenant sur ma serviette, j'avais ressenti des douleurs partout : dans les os du crâne, dans le dos, dans les jambes. J'avais alors insisté auprès de L. pour plier les serviettes et retourner à la voiture. Entretemps, j'avais avalé un Dafalgan, le mal de tête se dissipait un peu.
Après avoir traversé la pinède, arrivés au parking mon téléphone avait vibré : c'était toi ou plutôt ta voix chantante qui nous proposait de passer chez vous en revenant de la plage. Je rappelais aussitôt et rendez-vous fut pris : nous passions. Evidemment je n'avais plus mal nulle part, je me sentais devenir léger. Je subis d'ailleurs aussitôt un sarcasme de L. qui un moment plus tôt m'avait proposé une partie de minigolf que j'avais déclinée d'une moue boudeuse.
- Tu as beaucoup plus d'entrain pour aller chez J.-B. que pour le minigolf, d'ailleurs tu sembles aller beaucoup mieux ! 
Ben oui, tu parles !!! Que n'étais-je prêt à donner pour te voir et couler quelques instants auprès de toi. Pour la première fois depuis dix ans  (un comble !) L. mit le cap sur l'Etang blanc pour rejoindre ton village. Je m'étonnais que jamais on ne soit venus nous promener par là. Et pourtant quelle splendeur, dans chaque lacet, on découvrait cette vaste étendue d'eau bordée d'une végétation luxuriante. Je ne savais pas encore que quelques jours plus tard tu me conduirais jusqu'à ta caravane, sur un terrain boisé en bordure de l'Etang pour goûter à ce qui fut l'une de nos dernières étreintes…

(à suivre)</description><content:encoded><![CDATA[Lorsque la foudre a frappé<br />
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SMS de J.-B., du jeudi 20 septembre 2007, 15h10 : - Tu es tellement beau, tu dégages tellement de douceur que tu m’as intimidé.<br />
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Mon Filofax a la réglette noire glissée dans la tranche de la semaine du premier octobre ; pourtant nous sommes le soir du 2 novembre.<br />
Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 octobre, dans un état second, j’ai quitté la table d’Ida, une amie, et j’ai roulé dans le confort climatisé de ma voiture de Bordeaux jusque dans les Landes. Je devais être sur place le lendemain matin pour y servir les petits-déjeuners  de la table d’hôte que je tenais encore aux côté de mon ami L.<br />
Depuis deux jours déjà, à Bordeaux, j’étais mal, fatigué, en sueur tout le temps, avec  d’affreuses crampes dans les jambes, m’empêchant de dormir. Depuis un mois, en fait, la fatigue se faisait sentir. L., qui n’avait de cesse (il faut croire) de vouloir ma mort, me répétait inlassablement, quand je me plaignais de cette fatigue : <br />
- C’est normal, tu es déprimé !<br />
<br />
Le dimanche précédent, alors que nous étions sur la plage des casernes et qu’il faisait 30°, j’avais eu un premier malaise après une baignade dans un océan qui m’avait semblé rempli de glaçons. En revenant sur ma serviette, j’avais ressenti des douleurs partout : dans les os du crâne, dans le dos, dans les jambes. J’avais alors insisté auprès de L. pour plier les serviettes et retourner à la voiture. Entretemps, j’avais avalé un Dafalgan, le mal de tête se dissipait un peu.<br />
Après avoir traversé la pinède, arrivés au parking mon téléphone avait vibré : c’était toi ou plutôt ta voix chantante qui nous proposait de passer chez vous en revenant de la plage. Je rappelais aussitôt et rendez-vous fut pris : nous passions. Evidemment je n’avais plus mal nulle part, je me sentais devenir léger. Je subis d’ailleurs aussitôt un sarcasme de L. qui un moment plus tôt m’avait proposé une partie de minigolf que j’avais déclinée d’une moue boudeuse.<br />
- Tu as beaucoup plus d’entrain pour aller chez J.-B. que pour le minigolf, d’ailleurs tu sembles aller beaucoup mieux ! <br />
Ben oui, tu parles !!! Que n’étais-je prêt à donner pour te voir et couler quelques instants auprès de toi. Pour la première fois depuis dix ans  (un comble !) L. mit le cap sur l’Etang blanc pour rejoindre ton village. Je m’étonnais que jamais on ne soit venus nous promener par là. Et pourtant quelle splendeur, dans chaque lacet, on découvrait cette vaste étendue d’eau bordée d’une végétation luxuriante. Je ne savais pas encore que quelques jours plus tard tu me conduirais jusqu’à ta caravane, sur un terrain boisé en bordure de l’Etang pour goûter à ce qui fut l’une de nos dernières étreintes…<br />
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(à suivre)]]></content:encoded><dc:creator>mitchangel</dc:creator><dc:date>2008-02-16T22:10:07+01:00</dc:date></item></channel></rss>