J'écoute : "Plus Là" de Frédéric Lerner et Mika autant que je peux
Je regarde : "Ma Saison préférée" d'André Téchiné
Je lis : "Michaël Tolliver est vivant" d'Armistead Maupin
Je joue : ? non je suis un peu trop sérieux
Je mange : ce que je peux
Je bois : de la grenadine
Je cite : Michel Foucault: "Utiliser des rapports stratégiques comme source de plaisirs"
Je pense : à lui, mais alors tellement à lui, mais aussi à l'Océan auquel notre rencontre est associée et au bruit de ses vagues qui déferlent sur la plus belle plage des Landes: la Plage des Casernes
Je rêve : d'être aimé démesurément de lui, ou de celui qui me le fera démesurément oublier
(mis à jour dimanche 18 mai 2008 à 00:39)

22/02/2008

22/02/08 - 13:28

La Vie d'après (suite 5) extrait du roman autobiographique de M. Y. - tous droits réservés -

Là où L. ne montrait que mauvaise volonté pour chercher un meublé pour mes parents et lui ; J.-B. et O. son compagnon, auquel je venais de l’emprunter à défaut de le prendre (?), mirent les bouchées doubles pour trouver de quoi nous loger à l’occasion de mes sorties de l’hôpital, au débotté, et de loger mes parents chaque soir. Les médecins avaient beaucoup insisté sur la nécessité d’avoir un pied-à terre parisien afin que je ne m’éloigne pas pendant mes sorties. L. avait fait la gueule, bien sur, à l’idée d’une éventuelle cohabitation, me disant :
- Je me chercherai quelque-chose pour moi !
A vrai dire, avant J.-B., et à l’exception d’Y. (la cousine germaine de ma grand-mère maternelle), jamais je n’avais rencontré un être humain qui cherche à faire le bien de façon désintéressée tout en faisant concorder ses propos et ses actes. J.-B. proposa de se porter caution pour louer les meublés, mieux il avança caution et loyer du premier appart, l’acte comprenant aussi tous les désagréments liés au harcèlement d’une certaine Mademoiselle P. de l’agence immobilière. Il nous épaulait là où L. se serait dérobé : jamais il ne se serait porté caution pour mes parents.

Quoi qu’il arrive à l’avenir, J.-B. est et restera « mon ange gardien », mon bel amour-mon ami, le plus cher, qui prit les traits de la providence dans le pire instant de ma vie. Je lui suis et lui serai éternellement reconnaissant de sa générosité et de sa gentillesse si naturelles. Non, décidément, avec lui, ces qualités ne sont pas galvaudées. Sans que je le connaisse, par de simples gestes ou de simples paroles, dans ses yeux bruns plantés dans les miens, je compris très tôt que j’étais face à une personnalité hors du commun. TRES VITE J’AI VOULU INTENSEMENT CE GARCON LA. Faisant d’ailleurs fi, un peu vite, de son compagnon qui, malgré des apparences d’incompatibilité des goûts sexuels, se révéla très accroché. Cette situation devint bientôt perturbante pour moi, je devais composer avec ce garçon insaisissable qui, chaque fois qu’il le pouvait (mais le faisait-il seulement exprès ?) ou me sonda ou ne manqua pas de me faire comprendre qu’il était dans la place. Je dus régulièrement me prendre au téléphone, dans des conversations les plus civiles qui soient quelques sourdes et douloureuses salves encaissées généralement lorsque J.-B., hors de portée, était sur le chemin du retour vers les Landes après ses visites à Paris. Par exemple, pendant que J.-B. était dans le TGV entre Bordeaux et Dax :
- Bon, je vais aller chercher mon loulou !
Comme ce mot doux me fit mal ! Ou encore lorsque J.-B., à la mi-novembre, se trouvait sur la route, dans une voiture louée pour braver les grèves contre les mesures concernant les retraites des régimes spéciaux orchestrées par Sarkozy :
- Je vais faire du feu, moi je ne suis pas frileux, mais J.-B. n’aime pas avoir froid. Bien que je conçoive que ce fut de bonne guerre, souvent je frémissais un peu quand je voyais le numéro d’O. (celui de son travail ou généralement le vendredi soir celui de la maison de J.-B.) s’afficher sachant qu’il allait falloir battre le fer. L’attention particulière accordée par J.-B. à ce garçon est troublante et me bouleversa plus d’une fois ; je me découvrais jaloux lorsque, pendant le week-end je savais qu’ils avaient des activités communes. Mais je savais que je n’avais rien à exiger, que j’avais surgi dans sa vie à lui aussi et je respectais le ménagement avec lequel J.-B. traitait son (ancien ?) compagnon.
Plus d’une fois je fus effrayé par mes propres pensées : - J.-B., dans sa loyauté, n’avait-il pas décidé de m’accompagner jusqu’à ma guérison, pour ensuite continuer sa vie avec O.??? Mes précédents relations ne m’engageaient guère à être confiant et, parfois découragé je me laissais aller à de sombres pensées. Quel garçon ferait toutes les semaines des allers-retours à Paris, quel garçon débourserait cautions et avances de loyer, quel garçon multiplierait les marques d’attention – remplissant le congélateur de plats cuisinés Picard, se précipitant dans le premier magasin d’électroménager pour doter immédiatement la cuisine d’un meublé d’un four-micro-ondes manquant, quel garçon ferait tout cela si c’était pour laisser ensuite son nouvel ami? Afin de bien m’en persuader, je mis trois-quarts d’heure à recopier un message vocal (que J.-B. me laissa après lecture de multiples sms désespérés) pour le relire chaque fois que je doutais.
(à suivre)

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