La Vie d'après - roman autobiographique par M. Y. (tous droits réservés)
Lorsque la foudre a frappé
SMS de J.-B., du jeudi 20 septembre 2007, 15h10 : - Tu es tellement beau, tu dégages tellement de douceur que tu m’as intimidé.
Mon Filofax a la réglette noire glissée dans la tranche de la semaine du premier octobre ; pourtant nous sommes le soir du 2 novembre.
Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 octobre, dans un état second, j’ai quitté la table d’Ida, une amie, et j’ai roulé dans le confort climatisé de ma voiture de Bordeaux jusque dans les Landes. Je devais être sur place le lendemain matin pour y servir les petits-déjeuners de la table d’hôte que je tenais encore aux côté de mon ami L.
Depuis deux jours déjà, à Bordeaux, j’étais mal, fatigué, en sueur tout le temps, avec d’affreuses crampes dans les jambes, m’empêchant de dormir. Depuis un mois, en fait, la fatigue se faisait sentir. L., qui n’avait de cesse (il faut croire) de vouloir ma mort, me répétait inlassablement, quand je me plaignais de cette fatigue :
- C’est normal, tu es déprimé !
Le dimanche précédent, alors que nous étions sur la plage des casernes et qu’il faisait 30°, j’avais eu un premier malaise après une baignade dans un océan qui m’avait semblé rempli de glaçons. En revenant sur ma serviette, j’avais ressenti des douleurs partout : dans les os du crâne, dans le dos, dans les jambes. J’avais alors insisté auprès de L. pour plier les serviettes et retourner à la voiture. Entretemps, j’avais avalé un Dafalgan, le mal de tête se dissipait un peu.
Après avoir traversé la pinède, arrivés au parking mon téléphone avait vibré : c’était toi ou plutôt ta voix chantante qui nous proposait de passer chez vous en revenant de la plage. Je rappelais aussitôt et rendez-vous fut pris : nous passions. Evidemment je n’avais plus mal nulle part, je me sentais devenir léger. Je subis d’ailleurs aussitôt un sarcasme de L. qui un moment plus tôt m’avait proposé une partie de minigolf que j’avais déclinée d’une moue boudeuse.
- Tu as beaucoup plus d’entrain pour aller chez J.-B. que pour le minigolf, d’ailleurs tu sembles aller beaucoup mieux !
Ben oui, tu parles !!! Que n’étais-je prêt à donner pour te voir et couler quelques instants auprès de toi. Pour la première fois depuis dix ans (un comble !) L. mit le cap sur l’Etang blanc pour rejoindre ton village. Je m’étonnais que jamais on ne soit venus nous promener par là. Et pourtant quelle splendeur, dans chaque lacet, on découvrait cette vaste étendue d’eau bordée d’une végétation luxuriante. Je ne savais pas encore que quelques jours plus tard tu me conduirais jusqu’à ta caravane, sur un terrain boisé en bordure de l’Etang pour goûter à ce qui fut l’une de nos dernières étreintes…
(à suivre)